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Ik Ben Een Groninger

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9 janvier 2015

Où es Charlie ?

(english version at the bottom) L'effervescence de ces deux derniers jours m'a fait cogiter jusqu'à ce que mon cerveau se transforme en bouillie. La récente attaque à Charlie Hebdo & les morts occasionnées m'ont tour à tour surprise, dégoûtée, mise en colère, rendue triste, ont re-dégainé un peu d'espoir dans mon petit coeur fragile. Mon esprit est un gros bordel où toutes les choses s'entrechoquent, et j'ai eu besoin de l'écrire pour m'y retrouver, et puis pour exprimer mon avis sur chaque ramification concernant ce tragique évènement.

1/ L'annonce

J'étais péperement installée devant mon ordinateur (comme environ chaque jour, en fait), mercredi matin-midi, je me sentais légèrement blue  parce que j'avais passé une journée de merde la veille (mon moi mystique veut croire que c'était annonciateur), et je traîne semi-activement sur Facebook, me noyant dans des photos de chatons pour que mon petit coeur aille mieux. Et puis soudainement, mes yeux accrochent quelque chose qui ne semble pas banal, Cabu, Wolinski, Charb, Maris morts. Hahaha, la bonne blague, dis donc ils y sont pas allés de main morte le Gorafi cette fois ci.

Et puis non, en fait. C'était pas le Gorafi. Les messages fleurissaient partout sur Internet, et tous racontaient la même sordide histoire "Charlie Hebdo attaqué, douze morts". Dont les artistes cités précédemment. A ce moment, j'étais choquée, et je ne savais pas quoi penser. Je ne comprenais pas - et je ne comprends toujours pas, d'ailleurs - comment on avait pu amener la bêtise humaine aussi loin, comment un carnage de ce nom pouvait avoir pour origine des dessins. C'était bien trop fou à emmagasiner, et j'ai vraiment eu du mal. Mais ouais, on a décidé légitime de tuer douze personnes innocentes pour du papier. Parce que certaines personnes, aveuglées par la haine, se trompent de combat et commettent des erreurs de jugement qui sont inhumaines. Parce que cette fois ci, une personne lambda n'a pas réussi à faire taire sa grondante fierté, et a décidé que quelqu'un devait payer pour cet affront qui lui a été fait. Parce que deux ignorants ont décidé qu'il était légitime, au nom de toute une religion à laquelle ils n'appartiennent visiblement pas, de tuer des personnes humaines comme un châtiment soit-disant divin. Voilà comment je vois cet acte : je le trouve d'une extrême stupidité. Je vois ces deux agresseurs comme des gamins qui ont appris à manier la kalachnikov seulement deux mois avant, juste histoire de faire le buzz, de chercher la fierté de leurs confrères qui seraient "fiers d'eux", chercher la fierté de leur dieu, Allah. Mais putain les gars, vous êtes adultes maintenant : on ne vous a donc jamais appris à vous comporter comme tels ? De vrais hommes, justement ?  

II°/ Le ressenti

J'ai dû me prendre une trentaine de minutes pour réaliser ce qu'il venait de se passer, pour intégrer réellement dans ma petite boîte crânienne que ce n'était point une farce. Et à partir de ce moment là, disons que je ne me suis pas arrêtée d'y penser, jamais. Je ne m'attendais pas du tout à être autant touchée, mais en fait, l'attaque à Charlie Hebdo avait un goût rance de vomi dans ma bouche, me cognait dans l'estomac. J'ai pleuré onze fois, donc, depuis mercredi midi, souvent dès le réveil (ah, le Petit Journal & ses épisodes spéciaux sur Charlie Hebdo), dans la journée, seule, entourée, triste, mais parfois aussi heureuse, étrangement.

Mes premières pensées sont allées aux décédés de cette journée. On a beaucoup fait de bruit autour des morts des dessinateurs, mais beaucoup moins pour le reste moins célèbre, qui sont sobrement appelés ""les autres" alors voici la liste complète : Cabu, Charb, Elsa Cayat, Tignous, Bernard Maris, Honoré, Wolinski, Ahmed Merabet, Michel Renaud, Mustapha Ourrad, Frédéric Boisseau, Frank Brinsolaro.

J'ai d'ailleurs trouvé ça un peu irrespectueux de ne signaler la mort que des "grands", tandis que d'autres innocents ont péri sous les balles des deux agresseurs. Mais, dans le fond, j'ai (honteusement) compris : Charb, Cabu, Tignous, Honoré & Wolinski sont ceux qui me manqueront le plus. C'est ceux dont la mort m'a le plus touché (et j'en suis réellement désolée).  C'est con, mais c'est comme si l'on m'avait arraché une petite partie de mon adolescence. A l'époque où nous vivions encore avec mon père, nous croulions sous les Charlie Hebdo, les Fluide Glacials, les Hara Kiri qu'on avait de la chance de chiner dans les vides-greniers. Une fois lus, on les disposait en pile dans les toilettes, pour les relire encore. Je me rappelle encore de mon premier Charlie Hebdo, je l'avais subrepticement dérobé à mon père, j'avais treize ans, et rien que pour les jeux de mot je savais que j'allais me poiler en le lisant. Je me rappelle que je me sentais tellement rebelle,  même si je comprenais pas toutes les blagues. Voilà, neuf ans après, ces mêmes types que j'ai par la suite appris à aimer, à retrouver avec amour, ces hommes qui m'ont accompagnés lors de toutes ces pauses cacas avec leur humour d'enfant de quatre ans, morts. Qui me fera rire sur le trône, maintenant ?

Prenez un Charlie Hebdo. Retirez tous les dessins de ceux qui viennent de mourir. Contemplez le vide. Et c'est ça, qui m'a fait mal : ces personnes sont, à mes yeux, irremplaçables. Ce sont les seuls irrévérencieux qu'il nous restait, et oh, je sais que la relève ne va pas tarder à arriver, forte, belle, jeune et pimpante, mais il est clair que ces types laissent derrière eux un vide aussi grand et immense, semblable à l'espace existant entre les deux oreilles de ses deux aggresseurs. C'est ça que j'ai pleuré, surtout : c'est la peur de ne pas retrouver des gens aussi talentueux de sitôt, avec leur hargne, leur humour grinçant. Quelle suite pour la presse satirique ? Robert Malka a décidé de maintenir la parution de Charlie Hebdo, et de tirer le prochain numéro à un million d'exemplaires, parce que c'est dire un million de fois que ces gens là n'ont pas tué Charlie Hebdo. Dans la théorie, je ne peux qu'approuver. Je vais pas dire que Charlie est mort, et je ne veux pas considérer ceci comme la fin. Mais, n'empêche que je pars pessimiste. Ca me fait chier, croyez moi, mais c'est comme ça. 

Il y a eu un moment très poignant au Petit Journal du 8 janvier: Philippe Val expliquait que les disparus avaient cette qualité que l'on nomme communément couilles, les couilles de parler avec intelligence et humour de sujets graves, les couilles de pointer du doigt ce qui ne va pas, ce qui doit changer. Philippe Val s'est ensuite tourné vers Yann Barthès pour lui dire très clairement que le reste du boulot, c'était à eux de le faire. C'était un espèce d'appel à l'aide aux journalistes : s'il vous plaît, reprenez ce flambeau. Putain, si j'avais été Yann Barthès, je pense que j'aurais chialé. 

Pour finir, c'était également très étrange de vivre cette tragédie hors de France. Soudainement, mon pays est devenu important, je le voyais à la télé, je voyais toutes ces émissions sous titrées en néerlandais, avec Jeannette Bougrab, avec les locaux, avec des morceaux d'archives... Comment ne pas craquer ? C'était vraiment un sentiment bizarre, de vivre le drame dont tout le monde parle. Au fond, c'était dérangeant, j'étais seule, affligée, et lorsque j'en parlais à mes compères néerlandais, je sentais que personne ne pouvait comprendre pourquoi cela m'affectait autant. Je me suis sentie seule, avec ma peine, et personne de réel avec qui la partager. C'était vraiment un moment irréel pour moi. 

 

III°/ Le Viral

Faceebook était bien sûr en toute agitation, et franchement, pour une fois, j'ai participé pleinement à l'hystérie collective. Je pense que j'avais terriblement besoin de m'exprimer sur le fond e cette affaire, et Facebook a été un peu mon exutoire. Je suis d'ailleurs désolée à ceux que j'ai emmerdé avec ça, parfois je lâchais une petite phrase assassine au détour d'un statut, parfois je spammais les dessins qui m'ont plu, j'ai aussi fait un t shirt mais qui était un peu merdique, mais je pense que j'en ai eu besoin, il fallait que ça sorte.

La première chose qui m'a effrayée, c'est évidemment l'amalgame musulman = terroristes, sujet sur lequelle je suis plutôt sensible. Je sais que ça paraît con, mais le fait de ne pas bénéfier d'une bonne "tête d'arabe" me donne la "chance", souvent, d'entendre ce que mes amis racistes ont à reprocher à la seconde moitié de mon ADN. Parce que je ne m'habille pas comme une caillera, le reste des gens s'imagine alors que je suis "avec les blancs", et tentent de me faire voir le conflit de leurs yeux. Ainsi, souvent j'ai eu droit à ces "tu sais, moi les arabes, je les aime pas, mais toi ça va" lancés comme des compliments, mais qui font tellement mal à l'intérieur. Ou alors, on me teste. On me sort des blagues arabes, sans cesse, et moi parce que je suis idiote, ben je rigole. Mais parfois j'ai l'impression de participer à l'extension de certaines idées nauséabondes.

Bref, j'avais tellement peur que cette histoire sème le chaos, qu'elle ne rajoute plus d'huile sur le feu sur un climat qui est déjà assez explosif comme ça, après les élections de 2012 et le haut score de Marine Le Pen. J'ai donc été profondément en colère contre ces deux abrutis se réclamant de Mahomet. Il faut vraiment être con pour avoir pensé gagner le respect des Musulmans par cet acte. Il faut vraiment être stupide. Et, bien entendu, les conflits ont commencé à apparaître : tags avec des croix gammées, des tirs à la grenade d'exercice, des tirs à l'arme à feu, viennent décorer les mosquées de France. De l'autre côté de la balance, des adolescents en perdition sont "contents" que Charlie Hebdo brûle, parce qu'ils avaient pas qu'à se moquer de Mahomet, non mais. Les enfants, éteignez Facebook et lisez au moins votre Coran, si vous vous sentez capable de juger des actes qui vous dépasse. J'ai eu parfois la nausée en voyant certaines affirmations, commentaires. J'ai eu envie de donner des claques à Yvan Rioufol lorsqu'il a demandé à Rokhaya Diallo de se "désolidariser" de ce crime, puisqu'elle était musulmane de confession. 

La phase virale a été donc une phase d'agacement, je dirais. Mais, mes colères ont une raison, j'ai décidé de connecter les trois synapses encore foncionnelles de mon cerveau, et j'ai donc ces messages pour vous mes amis :

- Ne demandez pas à un Musulman de se désolidariser de ce crime. Je comprends l'intention première, qui est en plus pas vilaine : montrer au monde que les musulmans ne cautionnent pas cet acte. Mais, écoutez, je pense que c'est manquer de respect, non seulement à une religion toute entière, mais également à la personne humaine en face de vous, de soupçonner une quelconque approbation de ce geste. Les musulmans savent que Mahomet est paix et amour, et non destruction. 

- Ceci est plus pour mes amis étrangers : ne pensez pas que ces caricatures étaient racistes. Les caricatures de Charlie Hebdo critiquaient le pouvoir extrême de toutes les religions, et non pas le fait d'être arabe, noir ou juif. On fait le choix éclairé d'être croyant ou non, on ne choisit cependant pas sa race, et il me semble que ceci est important à souligner. 

- Ne dites pas "ils auraient dû s'en douter, quand même, à force de tirer sur la corde, on ne récolte que ce que l'on sème". Non. Parce que dire cette phrase, c'est reconnaître qu'il y a légimité pour une relation causale entre le fait d'exprimer une opinion, et en recevoir les conséquences. Ces conséquences. Et c'est précisément ce qui a été attaqué : la liberté d'expression, à savoir être protégé des conséquences lorsque l'on exprime une opinion dissidente. Ils étaient dans leur droit, alors non, ils n'auraient pas dû s'y attendre. Tout comme je n'attends pas qu'on me canarde avec un .357 lorsque je vais à la boulangerie. Et puis sérieusement, les mecs, quitte à être terroristes, vous auriez pu être au moins efficace et supprimer de vraies personnes qui incitent à la haine, disons Zemmour par exemple. Mais bref.

- Ne vous réjouissez pas dans la vengeance. Attraper ces crétins ne changera rien à la situation. Les crétins, c'est un peu comme les poils de chats si vous possédez un félin, il y en aura toujours, et partout. Réunissez vous dans la douleur, non dans la haine.

- Ne cherchez pas à tout prix à mettre la faute sur quelqu'un. L'être humain est un être qui se doit d'être rationnel, et c'est parce que des drames comme ceux-ci n'ont aucune justification quelconque qu'ils sont aussi durs à vivre. Si il y avait eu une raison valable, nous n'aurions pas été blessés comme ceci.La douleur peut nous aider à dresser un tableau hâtif et précipité de ce qu'il vient de se passer, et dans ce chaos, et parce qu'on ne bosse pas au gouvernement, il est impossible de savoir ce qu'il s'est réellement passé (je ne veux pas nourrir la multitude de théories du complot, loin de là, mais je veux rappeler à tout le monde de garder la tête froide... et dans l'échec de cette tâche, au moins ne pas chauffer trop son coeur sur des propos non fondés).

- N'oubliez pas que Marine Le Pen détestait Charlie Hebdo, et cette récupération est tout simplement honteuse et sans scrupules, c'est l'étendard de l'opportunisme nécrologique, mais on va pas dire que ça nous étonne. 

- Vous n'êtes pas Charlie. Je comprends l'utilité et la base du message, mais au fond, nous n'avons pas le dixième d'un poil de couille que ces illustres gens ont eu. Nous n'avons pas oeuvré pour un monde meilleur chaque jour, en délivrant des messages plein de sens et de justesse, nous n'avons pas dénoncé au péril de notre vie les inégalités, le racisme, la haine, l'aveuglement, la bêtise, la connerie. Et c'est pour ça que nous sommes vivants aujourd'hui, alors qu'eux, sont morts. Donc je vais pas faire ma haineuse et le cracher sur chaque Je Suis Charlie que je croise, mais je voulais juste vous dire que je n'approuve pas totalement ce message

IV°/ L'après

Trois jours après, donc, quel constat ? Que me reste-il à dire, quelles en sont les tenants et les aboutissants ?

Tout d'abord, la chose la plus importante et la plus belle à mes yeux, ça a été de voir cet incroyable élan commun, venant de chaque français ou presque. Ca a été de voir cette mobilisation folle, tous bords confondus. Ca a été de voir que dès le début, nous nous sommes tous battus, comme on a pu, nous avons tous empathisés, nous nous sommes réunis, forts dans notre douleur. La déferlante de dessins charlie partout m'a donné du baume au coeur. Le dessin de Louison m'a fait mourir de rire ("et merde, ils ont déjà dessiné des bites partout"), j'ai trouvé celui de boulet très touchant ("les canards voleront toujours plus haut que les fusils"), celui de banksy, d'un de mes amis Clément Bastias, très sobre, triste et digne. J'ai senti cet unisson virtuel nous lier, et ça m'a très franchement touchée.

J'ai vu des messages de haine oui, mais tellement peu comparé à tout ce que je redoutais. J'ai beaucoup plus vu des appels au calme, à la paix. J'ai vu circuler des messages plein d'espoirs. J'ai eu l'impression que quelque chose était en train de changer : pour une fois, on ne pointait pas par réflexe les musulmans, pour une fois, nous nous sommes unis dans la douleur, ensemble, tous, front de gauche ou de droite. Je crois que ce drame a été tellement fort, je pense que la douleur des français et leur amour pour des valeurs aussi importantes que celle de la liberté de la presse a été tellement poussé, que nous avons enfin réussi à regarder dans la même direction, dans la bonne direction. J'ai même lu l'histoire d'un type qui a tagué une mosquée, mais qui s'est excusé : il avait un gramme soixante seize dans le sang, et il se sentait triste. Nous sommes loin, très loin, des potentiels & habituels crimes haineux que nous "aurions" dû traverser. Je pense qu'il y a eu un tournant d'effectué, et bien sûr que ce n'est pas fini, loin d'être fini, mais à un moment, on pourra regarder en arrière et se dire qu'à cet instant, nous avons été unis.  Et je sais bien que ça fait bisounours, mais ça emplit mon coeur de joie.

En second, je voulais remercier la ville de Groningen & ses habitants d'avoir organisé un rassemblement en mémoire à Charlie. Lorsque je m'y suis pointée, j'ai entendu un discours en français, un autre en néerlandais, tous deux très beaux et dignes. J'ai vu qu'il était compliqué de me mouvoir car nous étions trois mille. Je me suis sentie comprise et entourée, et je crois que c'est à ce moment que j'ai vraiment fait mon deuil. Je me suis répandue en larmes en expliquant la situation à une jeune chinoise. J'ai tenu ma petite bougie contre le vent, j'ai veillé pour leurs âmes une petite heure, j'ai même prié, qu'ils puissent avoir la paix où ils sont, pour que nous puissions faire quelque chose d'utile de leurs sacrifices, j'ai souhaité du courage aux familles, aux proches, qui doivent vivre un enfer inexplicable à ce moment même, mais surtout, j'ai souhaité que des actes comme ceux-ci continuent à nous révulser au plus profond de nos êtres, car c'est la preuve que nous ne perdons pas la seule chose qui nous reliera éternellement à l'Autre : notre humanité.

 


 

The excitement of the past days made me cogitate until my brain turns to mush. The recent attack on Charlie Hebdo & the deaths made me oscillate between several mental states, I was surprised, disgusted, angry, sad, and then I had this re-drawn of little hope in my fragile little heart. My mind is a big brothel where all things collide, and I needed to write it, to express my opinion on each branch regarding this tragic event.

1 / The announcement

I was at my computer, chilling hard like everyday, on this Wednesday morning afternoon, I felt a little blue because I had spent a crappy day the day before (my mystical me wants to believe that it was annunciator) and I was semi-actively hanging on Facebook, drowning me inside pictures of kittens in order to make my little heart gets better. And then suddenly, my eyes clinged on something that does not seem banal : Cabu, Wolinski, Charb, Maris died. Hahaha, good joke, tell the Gorafi (it's like The french Onion) they had pushed it too far this time, no one's going to believe that.

And no, actually. It was not the Gorafi. Messages flourished all over the Internet, and all told the same sordid story "Charlie Hebdo attacked, twelve dead."  At that moment, I was shocked, and I did not know what to think. I did not understand - and I still do not understand, for that matter - how we could bring human stupidity that far, how such a carnage could have originated from drawings. It was too crazy to store that in my mind, and I really struggled. But yeah, it was indeed true, it was decided as legitimate to kill twelve innocent people, for a piece of paper. Because some people are blinded by hate, deceive combat and make errors of judgment that are inhumane. Because this time, the average person has failed to silence the rumbling pride, and decided that someone had to pay for this insult that was done to him. Because two ignorants decided that it was legitimate, in the name of a religion to which they clearly do not belong, to kill human beings as a supposed divine punishment. Here's how I see this act: I find it to be extreme stupidity itself. I see these two attackers like kids who have learned to wield Kalashnikovs only two months before, just to make the buzz, because they were craving for attention from their colleagues who would be "proud of them," they were craving for the attention of their god, Allah. But damn, you guys are adults now: Didn't therefore you learn how to behave as such? Like real men, precisely, capable of forgiveness ?

II ° / The feeling

I had to take thirty minutes to realize what had happened, to really integrate into my little skull that it was not a joke. And from that moment, let's say I did not stop thinking about it, ever. I did not expect at all to be that much affected, but in fact, the attack on Charlie Hebdo had a rancid taste of vomit in my mouth, it knocked me in the stomach. I cried eleven times, so since Wednesday noon, oftenly at breakfast (ah, the Petit Journal & its special episodes of Charlie Hebdo), sometimes during the day, i cried alone, surrounded, sad, and I even cried of happiness at some times.

My first thoughts went to the deceased that day. We did a lot of noise around the dead famous guys, but much less for the rest, who are simply called " the others ", so here is the complete list : Cabu, Charb, Elsa Cayat, Tignous Bernard Maris, Honore Wolinski, Ahmed Merabet, Michel Renaud, Mustapha Ourrad, Frédéric Boisseau, Frank Brinsolaro. All of them died for the Freedom of Speech.

I also found that it was a bit disrespectful to only report the "important" deaths, while other innocents were killed by the bullets of the two attackers.

But,in the end, I (shamefully) understood it : Charb, Cabu, Tignous Honore & Wolinski are those that I will miss the most. Their deaths touched me the most (and I am truly sorry). It's stupid, i know it, but it's as if someone had ripped off a small part of my adolescence. At the time when we still lived with my father, we were overwhelmed by the Charlie Hebdo, Fluide Glacial, the Hara Kiri when we had the chance to find an old edition at granaries. Once read, we had them in a pile in the toilet to read them again. I still remember my first Charlie Hebdo, I had surreptitiously stolen it from my father, I was thirteen, and just for the puns on the first page I knew I was going to laugh so hard by reading it. I remember that I felt so rebellious, even though I understand not all jokes. Well, nine years later, these same guys I later learned to love, these same guys who had accompanied me to poop during all these years, are dead. Who will make me laugh on the throne, now? Who is going to be at my side during my poop breaks ?

Take a Charlie Hebdo. Remove all the designs of those who have just died. Contemplate the void. And that's it, that was what hurted me the most: these people are, in my eyes, irreplaceable. These are the only irreverent we had left, and oh, I know that the next generation will come quickly, they'll all be strong, beautiful, young and pretty, but it's not going the same anymore. I had to say goodbye to this golden era. I didn't want to. I didn't even except to do so. But I was forced to. It is clear that these guys are leaving creating a large and immense void, kind of similar to the space that lies between the ears of his two assailants. That's what I cried, especially: I cried because I fear that we won't find such talents anytime soon, with their aggressiveness, their dark humor. What is next for the satirical press? Robert Malka (lawyer of Charlie Hebdo) decided to maintain the publication of Charlie Hebdo, and make the next issue of one million copies, because it is like saying a million times "You did not kill Charlie Hebdo". In theory, I can only agree. I will not say that Charlie is dead, and I do not want to see this as the end. But still, I go pessimistic. It pisses me off, believe me, but it's like that.

There was a very poignant moment at the Petit Journal, the 8 of January: Philippe Val (previous headmaster) explained that the missing people had this quality that is commonly called Big Balls, the balls to speak with intelligence and humor in serious subjects, the balls to point out with the middle finger what is wrong, what needs to change. Philippe Val then turned to Yann Barthes (host of the show), in order to say very clearly that it was now the duty of remaining journalists not to drop this job. It was a call to reporters: please, take this torch. Please, make that kind of journalism visible again. Please don't let it die. Damn, if I had been Yann Barthes, I think I would have whine.


Finally, it was also very strange to live this tragedy outside France. Suddenly, my country became important, I saw it on every TV, I saw all these programs subtitled in Dutch, with Jeannette Bougrab, with old pictures, drawings, videos... How can you resist? It really was a strange feeling, to live the drama that everyone is talking about. Basically, it was disturbing, I was alone, afflicted, and when I was talking to my Dutch/international companions, I felt that no one could understand why it affected me so much. I felt alone with my pain, and no one with whom to really share it. It really was a surreal moment for me.

 

III ° / Viral

Faceebook was of course in complete turmoil, and frankly, for once, I have fully participated in the mass hysteria. I think I needed to express myself, I had to let it go, and Facebook was just my outlet. I am also sorry to those I pissed with that, sometimes I let a harsh little sentence on status, sometimes I was spamming drawings that I liked, I also made a t-shirt which was a bit crappy, but I think I've needed it, it had to come out.

The first thing that scared me, it is obviously Muslim = terrorist amalgam, a subject upon which I'm pretty sensitive. I know it sounds stupid, but the fact of not having the ""classic Arab mind"" often gives me the"luck" to hear what my friends despite in the second half of my DNA (which is coming from Morocco). Because I do not dress like a chav, the rest of the people imagine that I am in the"white camp" and try to make me see the conflict from their eyes. So often I got those "you know I don't like Arabs, I do not like them, but you're one of the OK ones" launched as compliments, while they're so bad inside. Or they test me.They assault me with arabs jokes, and I because I am stupid, well I laugh. But sometimes I feel I'm participating to the extension of certain noxious ideas.

In short, I was so scared that this story waas bringing chaos, I was scared  it would add more fuel to the fire, to the hostile climate that is already quite explosive. So I was deeply angry against these morons claiming Muhammad. You have to be stupid to have thought of gaining the respect of Muslims by this act. You have to be stupid. And, of course, conflicts began to appear: tag with swastikas, shots with training grenade, shootings, came to decorate mosques in France. On the other side of the scale, some lost teenagers were "happy" that Charlie Hebdo had burned, because come on, no one has the right to paint Muhammad. Children, turn off Facebook and read at least your Qûran, if you're feeling able to judge acts that are beyond you. Please. I sometimes had nausea seeing certain statements, comments. I felt like slapping Yvan Rioufol when he asked Rokhaya Diallo, on air, to "disengage herself" from the crime, since she was a Muslim (she broke up in tears on air).

Viral stage was thus a phase of annoyance, I would say. But I know that anger is always originated by something, so I decided to connect the three synapses of my brain that are still working, and so I have these messages to my friends (I don't want you to follow them, but please think about it) :

- Do not ask muslims to dissociate themselves from this crime. I understand the intent, which is not bad : to show the world that Muslims do not condone this act. But, look, I think it's disrespectful not only to religion as a whole, but also to the human person in front of you, to suspect from them any approval of this gesture. Muslims know that Allah is peace and love, not destruction.

- This is more for my foreign friends: do not think that these cartoons were racist. Charlie Hebdo cartoons were critical regarding the extreme power of all religions, & it wasn't about being Arab, black or Jewish. We make the informed choice to be a believer or not, but you don't choose your race, and I think this is important to emphasize.

- Do not say "they should have seen it coming, though, pulling the ropelike that, you reap what you sow". No. Because saying that sentence is  recognizing that there's a legitimate place here for a causal relationship between having an opinion, expressing it and then receiving the consequences. And this is precisely what has been attacked: freedom of speech. They were in their right, to express dissent opinions, and no, they shouldn't have expected it. Just as I do not expect to be shot with a .357 when I go to the bakery. And seriously, guys, as you were terrorists, you could have been at least efficient and remove real people who incite hatred, let's say Zemmour for instance. But anyway.

- Do not rejoice in revenge. Catch these morons will not change the situation. Idiots is a bit like cat hair if you own a cat, it will always be, everywhere. Gather you in grief, not in hate.

- Do not try at all costs to put the blame on someone. The human being is a being that has to be rational, and it is because tragedies such as these have no justification whatsoever that they are so hard to live. If there was a valid reason, we would not have been injured as serious as that. The pain can help us develop an early table and precipitate it just happened, in this chaos, and because "we do not bump the government, it is impossible to know what really happened (I do not want to feed the multitude of conspiracy theories, far from it, but I want to remind everyone to keep their heads cold ... and if you fail at this task, at least not to overheat your heart).

- Remember that Marine Le Pen hated Charlie Hebdo and this recovery is simply disgraceful and unscrupulous, it is the banner of necrologic opportunism, but we will not say it surprises us.

- You're not Charlie. I understand the value and the basis of the message, but basically we do not have a tenth of a hairy testicle that these famous people had. We have not been working for a better world every day by delivering messages full of meaning and accuracy, we have not denounced at the peril of our lives inequality, racism, hatred, blindness, stupidity , bullshit. And that's why we are alive today, it is why they are dead. So I'm not going to be full of hate and spit on each I Am Charlie I meet, but I just wanted to say that I do not totally approve this message

IV ° / And after ?

Three days later, so, what conclusion? What remains for me to say, what are the ins and outs?

First, the most important thing and the most beautiful in my eyes, was to see this incredible gathering from each French almost. It was crazy to see this mobilization across all edges. I saw that from the beginning, we all fought,  we all empathized, we gathered, strong in our pain. The flood of drawings  everywhere gave me some balm to my heart. The draw of Louison made me die of laughter (Jesus in heaven saying "and shit, they have already drawn cocks everywhere"), I found that the one from Boulet was so moving ("ducks always fly higher than guns" a duck is a common way to call a "light newspaper"), the one from banksy, the one from a friend of mine Clement Bastias, sober, sad and dignified. I felt this virtual unison binded us, and I was frankly touched.

I saw messages of hate, yes, but so little compared to what I was expecting. I have seen a lot more calls for calm, peace. I saw messages full of hopes, circulating. I had the feeling that something was changing: for once, it wasn't reflexive to point at the Muslims, for once, we are united in pain, together, all, left or right political ideas. I think this drama was so strong, I think the pain of the French and their love for values as important as the freedom of the press was so pushed, we finally managed to look in the same direction, in the right direction. I even read the story of a guy who tagged a mosque, but apologized: he had one point seventy six grams of alcohol in the blood, and he felt sad. We are far, very far, from the potential & usual hate crimes that we "should" have been through. I think there was a rotating performed, and of course it's not over, not over yet, but at some point, we can look back and say that at this point, we were united. And I know I look like a big unicorn, but it fills my heart with joy.

Secondly, I wanted to thank the city of Groningen & its people, to have held a rally in memory of Charlie. When I got there, I heard a speech in French, another in Dutch, both beautiful. I saw that it was difficult to move  because we were three thousand. I felt understood and surrounded, and I think that's when I really did my mourning. I broke into tears explaining the situation to a young Chinese girl. I held my little candle against the wind, I watched over their souls for an hour, I even prayed, I pray so that they can have peace where they are, so we can do something useful their sacrifices, I wanted to adress courage & bravery to the families, loved ones, who must be living some inexplicable hell right now, but mostly, I wished that acts such as these continue to abhorred us, humans, in the depths of our beings because it is proof that we do not lose the one thing that will link us forever to the Other: our humanity.

 

clementbastias

http://clementbastias.tumblr.com

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8 décembre 2014

A time to live, a time to cry

(english version at the bottom)

Mes chers amis, je suis vraiment sorry sorry du manque de nouvelles évident que ce blog laisse transparaître, mais je croque la vie à pleine dents, et subséquemment, je la passe plus à faire du vélo, tisser des liens plutôt ténus avec les gérants des coffeeshops  et à bouffer du hareng plutôt qu'autre chose. En ce moment, ma nouvelle lubie, c'est de boire du thé irlandais juqu'à plus soif (et oui, ne vous inquiétez pas, je vous conterais ce magnifique voyage dans la contrée du trèfle en folie). Seize the day, god damn it. Du coup, cet article aurait dû être publié à la mi-octobre, mais hey, même François Hollande arrive en retard à ses meetings, en publiant ce post  presque deux mois trop tard je fais honneur à mes gènes français et à mon retard chronique. 

La grosse grosse idée qui a fait son petit chemin à la mi-octobre, c'était la fin de la Lune de Miel avec ma chère et tendre Gronini. Vous savez, les premières fois, les premiers émois, la première chute à vélo (mon frein s'est pété, je changeais la musique sur mon mp3, il pleuvait beaucoup, DON'T TEXT AND DRIVE), le premier Pindakaas acheté (beurre de cacahouète, je savais pas mais ici c'est un peu leur nutella national, les néerlandais sont fanas de cahouètes, allant même jusqu'à les enrober de chocolat et vendre ça hyper cher -- et vous savez quoi, c'est DELICIEUX), la première vue de la mer du nord (coucou Ameland), la première maladie, la première intoxication alimentaire dûe à un restau douteux ("bonjour, j'ai la chiasse, vous avez un médicament contre ça ? -Oui, dix huit euros soixante treize centimes, s'il vous plaît / Okay, oubliez, je vais finir de me vider tranquille chez moi et garder cet argent pour les funérailles de mon intestin, si vous le permettez"), les premières insomnies dans la nouvelle maison (un moment d'exception pour moi, insomniaque de nature. J'ai découvert cette nuit là qu'une horde de chats sauvages habitait en face, c'était terrible), le premier vol (J'AI VOLE DE L'EAU CHAUDE A LACAFET DE LA B.U JE SUIS DESOLEE GOUVERNEMENT NEERLANDAIS MAIS J'AI PLUS DE SOUS DEPUIS LE 23 NOVEMBRE ALORS JE FAIS CE QUE JE PEUX)(j'ai donc amené mon propre mug, mes propres sachets de thés, et je me faufilais pour voler de l'eau chaude à la machine à café lors des périodes intenses de révisions, bonjour, je suis une cassoce), le premier achat compulsif (petits squelettes 3D de dinosaures fluorescents, je vous aime d'amour), la première méga cuite à abandonner son vélo en centre-ville parce qu'on est pas capable de pédaler correctement (et ça, c'est de la méga-cuite, car ici, abandonner son vélo équivaut à trucider une poignée de chatons orphelins), la première fausse perte de vélo (j'avais garé mon vélo à la gare, dans l'un de ces ignominies que sont les parkings à vélos à double étage, où il y a 45 vélos au mètre carré, et quand je suis revenu, mon cher et tendre avait disparu. En fait, quelqu'un l'avait déplacé pour le ranger mieux, style j'avais mal rangé mon vélo, du coup je l'ai retrouvé sur un truc EN HAUTEUR, et je sais que même si j'avais plus d'éthanol que de sang dans les veines au moment où je l'ai parqué, je sais que jamais j'aurais pu le percher en hauteur comme ça avec mon mètre cinquante), il vient un moment où on a épuisé le répertoire des "toutes premières fois".

Enfin, aujourd'hui, il y a eu de la grêle pour la première fois, mais vous voyez, ça m'enchante pas plus que ça. Disons que j'ai fait le tour des premières fois notables qu'un touriste peut faire en arrivant en Hollande, et qu'en mi-octobre, j'entamais une nouvelle phase de ma relation amoureuse avec Gronini, qui est donc la fin de la lune de miel. La fin de cette période dorée, où tout est mignon, où tout est gentil, où quelqu'un peut te cracher dans l'orbite oculaire tu lui répondrais avec un grand sourire et un "merci pour le partage de fluide hollandais, mec". Maintenant que ton anglais est assez bon pour exprimer ce que tu veux dire, et que tu sais que les Hollandais sont pas plus cools que ça,  tu lui répondrais par un "hey man, what the fuck, fuck you you fucking twat", comme tu l'as bien appris en Irlande.

 

En quoi consiste la fin de la lune de miel ?

- Une lassitude s'installe, que tu le veuilles ou non. Au début, tu avais de l'énergie pour tout, tu allais à tous les évènements ESN, à toutes les fêtes, tu ne ratais jamais une occasion d'emplir ton foie d'alcool avec des centaines d'autres étudiants ayant comme point commun avec toi de vivre quelque part sur la surface du globe. Maintenant, le matin tu te lèves, et tu penses à des trucs basiques. Tu ne te dis plus "Oh, ce soir y'a la fête au Warhol pour célébrer le huitième de siècle d'anniversaire de son ouverture", tu penses plutôt "merde, c'est dimanche et je dois filer à Jumbo entre 13 et 17h si je veux pouvoir m'essuyer l'anu en paix aujourd'hui". Tu ne penses plus "trop hâte de suivre le cours de neuropsycho, c'est tellement riche l'enseignement ici", mais plutôt "Fait chier, j'ai un TD de trois heures sur les interventions sociales concernant la communication de la survenue des tremblements de terre à cause de l'extraction d'hydrocarbures dans la région de Groningen, j'ai déjà séché le cours sur comment faire comprendre aux vieux à être moins dépressifs dans leurs vies de tous les jours, est-ceVRAIMENT NECESSAIRE pour moi de suivre cet enseignement ? Si j'offre des chocolats de Noël à mon coordinateur ERASMUS, acceptera t'il de me laisser suivre que des cours de niveau L1 ?"

 

- Le revers de la lassitude, c'est l'habitude, la routine. La mienne consistant à se lever aux alentours de midi (sauf quand j'ai cours, c'est à dire une fois par semaine), allumer ma musique du jour, tenter d'ouvrir les yeux et me lever dans le froid hivernal alors que ma couette tente délibérément de m'immobiliser par la force, mettre un pied devant l'autre avec plus ou moins de succès, ouvrir Le Petit Journal sur Opera, mettre la bouilloire à chauffer, aller faire pipi pendant que la bouilloire chauffe, choisir ma tasse pour le petit déjeuner de la journée (j'ai cinq tasses différentes correspondant à cinq humeurs différentes : ma tasse de Doctor Who c'est pour les jours où j'ai besoin de croire, ma tasse Toy Story c'est pour les jours où j'ai besoin d'être une enfant, ma tasse Bob L'éponge c'est pour les jours où je dois être sociale, ma tasse Pulp Fiction pour les jours où je dois être une bad motherfucker et carburer, ma tasse R2D2 c'est pour les jours où j'ai besoin d'être intelligente et utile. En période d'exams, j'alterne donc entre R2D2 et Pulp Fiction pour l'efficacité de mes révisions, et Dr Who pour croire aux miracles), choisir mon thé, et m'affaler ensuite devant mon ordi et manger comme un labrador au pays de la croquette. Beaucoup, et salement. Parfois avec mon nez.  En jours de révisions, je me traînais à la B.U vers quinze-seize heures, et j'y restais jusqu'à minuit, travaillant une heure pour 3 heures de glandage. Quand j'ai pas d'exams, le but de ma journée est de faire le plus de trucs constructifs, style dessiner, jouer de la guitare, danser, voir l'intégrale de la saison 1 de How to get away with murder. Du coup là, en ce moment, ma nouvelle tâche c'est les cartes de noël, j'ai décidé de les faire à la main (déjà c'est un mauvais départ), et d'en offrir à tous ceux que j'aime d'un amour fou. Trente-sept personnes, donc. 

 

- La perte de lien social. Avant, j'étais une vraie meuf mondaine, je voulais que tout le monde connaisse Tahrace da French, j'étais enthousiaste à l'idée de rencontrer plein de pipol et je répétais ce curriculum vitae que j'avais appris par coeur, condensant toutes les informations que l'interlocuteur est prêt à apprendre de toi; soit Tahra, française mais à demi rebeu et d'autres nationalités dans le dedans, psychologie, 4ème année, j'aime manger, mon ordinateur et les fanfictions d'Adventure Time, je reste un an à Groningen, Bière plutôt que Vin, je fume, j'ai 22 ans, je veux faire de la recherche. Point. 

Maintenant, ça me fatigue, j'ai rencontré tellement de gens que j'en viens à oublier qui ils sont. Déjà, à la base, j'ai une mauvaise mémoire des gens parce que je suis plus que bizarre concernant les relations humaines et j'ai qu'un intérêt limité pour cette sphère. Du coup, en temps normal, je peux déjà carrément vous oublier si vous n'êtes pas un minimum vous-même. Mais alors quand je rencontre dix personnes le même soir, qui sont tous allemands, qui sont tous en droit ou en business international,  la moitié d'entre eux sont allés au Sziget, l'autre moitié en Australie, trois d'entre eux ont le même prénom, j'ai vraiment du mal à connecter mes petits neurones et à créer une nouvelle entrée dans mon cerveau. Je pense que ça doit se passer comme ça :

"Hey cerveau, tu pourrais créer la représentation mentale de Jeroen, s'il te plaît ?

- Ouais vas y tranquille, balance ses caractéristiques !

- Alors, visuellement, il est grand, les cheveux chataîns, les yeux clairs, il porte des jeans et des pulls fait en crochet, un peu comme les hipsters, et...

- Ouais mais tu m'aides pas là, y'en a déjà douze qui correspondent à ce signalement, laisse moi deviner, il a aussi un bonnet à ponpon et des tennis dégueulasses style j'ai parcouru le monde entier ?

- oui, et puis il étudie les relations internationales, aussi. Il aime le sport et il est allé en Nouvelle Zélande l'été dernier. Sinon, on peut aussi... Cerveau ? Cerveau ?

- .....

-CERVEAU ?? ALLEZ PUTAIN TU SERS A QUOI SI TU PEUX PAS TE RAPPELER D'UNE PERSONNE DE PLUS"

Note à tous mes amis allemands : je n'ai rien contre vous. Je dis juste qu'au premier regard, vous êtes pas vraiment différenciables.  Sûrement que les français doivent vous faire le même effet : on est toujours en retard, on aime accorder notre mentalité selon le temps qu'il fait ("quelle journée de merde, il pleut" est au top cinq des phrases les plus prononcées par les français, imaginez ce qu'on va vous sortir quand il commencera à neiger haha), on critique tous les alcools qui ne sont pas du vin, puis on critique le vin pour dire qu'il est meilleur chez nous, tout ça pour au final boire une bière à 27 centimes à Lidl, parce que vous savez, on est aussi radins. On doit tous avoir le même style mi chic-mi clodo, qui consiste à orchestrer savamment des jeans à 100€ avec des chemisiers loose, de manière à dire "oui, mes fringues sont de la balle de la balle, mais ma classe, elle,  est naturelle, c'est pourquoi je m'habille n'importe comment, pour vous montrer que j'aurais toujours du style, même habillée avec un cabas Aldi". Je le conçois, je le conçois.

 

- Dernier point : ça y est, ton pays te manque. t'avais beau  faire la belle au début (ma famille ? je l'ai vu les vingt premières années de ma vie, hahaha), te dire que jamais tu regretteras la France, sa SNCF, sa CAF, son URSSAFF, et autres acronymes anxiogènes. Mais, en fait, si. En fait, tu vas pleurer quand tu penseras à ce qu'est un vrai pain au chocolat. En vrai, tu te rendras compte que c'est cool de pas payer pour le médecin. De pas payer pour l'école, aussi. Tu te rends compte que même si tu détestes l'accengt chantang du sud, tu as envie de revoir une dernière fois le soleil, avant de te noyer dans les pluies diluviennes de ces chers Pays Bas. Tu te rends compte que critiquer c'est dans ta nature, et que grâce à cet oeil avisé, tu as un culot que les autres n'ont pas. Tu as envie que tes autres potos t'appellent Tahrace, et pas "Tawa", comme l'anglicisme le demande. La dernière fois que j'ai parlé à ma mère au téléphone, j'ai laissé échapper une larmichette, parce que je l'aime et qu'elle me manque. Et j'aimerais qu'elle soit aussi heureuse que moi, ici.

 

Mais, la fin de la lune de miel pose aussi ces questions : maintenant que le feu de la nouveauté est passé, est ce que je suis toujours heureuse d'être ici ? Est ce que j'ai toujours envie d'être ici ? est ce que j'ai toujours de la motivation pour suivre mes cours ? Est ce que je me vois passer l'hiver ici, alors qu'aujourd'hui c'était la première fois que je voyais de la grêle ? 

Et, au final, oui. Oui, oui, oui. Je sais que moi et les Pays-Bas, c'est que le début d'une aventure. Et que maintenant que ça devient vraiment sérieux entre nous deux, je suis prête à faire des compromis pour mieux vivre notre vie à deux. Je suis prête à faire des efforts et à m'engager dans cette relation. 

Donc, Gronini, ma chère et tendre : j'accepte de t'avoir dans mon coeur jusqu'en juillet 2015, au moins. Je ferais ensuite mon possible pour gagner plein d'argent et m'installer définitivement avec toi. Je t'aime d'un amour sincère. 

 

My dear friends, I'm really sorry sorry for the obvious lack of news that this new blog lets show through, but I bite life to the fullest, and subsequently, I spent the most of it in activities such as riding my bike, building tenuous relationships with the managers of coffeeshops, and eating herring more than anything else. Right now, my new fad is to drink Irish tea 'till I collapse (and yes, do not worry, I'll tell you this wonderful journey in the region of the mad clovers in a few days). Seize the day, god damn it. So, this article should have been published in mid-October but hey, even François Hollande (our french president, for those in the back of the classroom) arrives late to his meetings, so, by publishing this post almost two months too late I honor my French genes, and also my chronic delay.

The big big idea that made its way into my brain at mid-October was the folllowing one : it was the end of the honeymoon with my dear and loving Gronini. You know, the first times with a lover which makes your relationship special. They're almost over now. The first fall from my bike (my brake was broken, I was changing the music on my mp3, the road was very wet and slippery, DO NOT TEXT AND DRIVE), the first buying-act of pindakaas (butter peanut, I did not know but here it's like their national nutella, Dutch are nuts about peanuts (see how good I am with english puns now), they're fanatics of it, they even wrap them into chocolate and sell it super expensive - and you know what, it's FUCKING DELICIOUS), the first view of the North Sea (hi Ameland), the first disease, the first food poisoning due to a questionable restaurant, followed by my first visit to a dutch pharmacy ("- Hello, I have the runs, you have a drug against that? - Yes, eighteen euros seventy three cents, please / - Okay, sure, but in the end I prefer emptying  myself quietly for free at home, and keep this money for the funeral of my guts, if you don't mind, thanks"), the first sleepless nights in your new home (a very special moment for me, I'm insomniac by nature. I found out that night that a horde of wild cats lived opposite, it was so cool to watch them), the first steal (I HAVE STOLEN THE HOT WATER FROM THE CAFETARIA OF THE UNI LIBRARY, I'm sorry NETHERLANDS BUT SINCE NOVEMBER 23 i DON'T HAVE ANY MONEY LEFT SO I DO WHAT I CAN) (so I brought my own mug, my own tea bags, and I snuck to steal hot water from the coffee machine during intense periods of revisions, hello, I am weird), the first compulsive buying (small 3D skeletons fluorescent dinosaurs, I love you), the first mega binge-drinking which led me to abandon my bike in the city center because I wasn't able to pedal properly (I had to be highly wasted, because here to abandon one's bike is similar to slaughter a handful of orphaned kittens), the first false loss of that same bike (I had parked my bike at the station, in one of these abominations that are dual-stage bicycle parking, where there are 45 bicycles per square meter, and when I came back, my beloved cycling device had disappeared. In fact, someone had moved it, it must have been a dutch guy who supposed that I wasn't park in a good enough way. I found my bicycle three days later, it was on the upper floor of the parking, and I know that even if I had more ethanol than blood in my veins when I parked it, I couldn't have put it in height like that with my five-feet body). After all of that, there comes a time when the novelty is running out. When you don't have anymore "first times" which are breath-takings or exciting. You don't have anymore "first-time" left.

Today there was hail for the first time, but you see, I don't see it as a delight. Let's say I've been around the first times that a good tourist has to do in Holland, and that in mid-October, I started on a new phase of my relationship with Gronini, which is the end of the honeymoon. The end of the golden era, where everything is cute, where everything is nice, when a Dutch guy could have spit in your eyeball and you would have reply with a smile and a "thank you for sharing dutch fluid, dude." Now that your English is good enough to express what you mean, and you know that the Dutch are not that cool, you would reply with "hey man, what the fuck, fuck you you fucking twat", as you learned in Ireland.

 

What is the end of the honeymoon?

- A weariness sets in, whether you like it or not. In the beginning, you had the energy for everything, you were at all ESN events, at all the festivals, you never missed an opportunity to fill your alcohol-based liver with hundreds of other students who have this common point with you : they live somewhere else on the globe, but for the next six months, they're living here, like you. Now you get up in the morning, and you think to basic stuff. You do not say more, "Oh, there's party tonight at the Warhol to celebrate the eighth century anniversary of its opening". No. Now, you rather think "shit, it's Sunday and I have to go to  Jumbo between 13 to 17, if I want to wipe my anu in peace today". You don't think that you're "too eager to follow the course of neuropsychology, it's such a rich teaching here," but you rather think "Damn, I have a three hours practical, about social interventions, concerning the communication of the occurrence of earthquakes due to the extraction of hydrocarbons in the Groningen area, I have already dried the course on how to explain to old people how to be less depressed in their lives every day, so I guess I have to go, but DO I ? Really? If I offer Christmas chocolates to my ERASMUS coordinator,  will he accept to let me follow only first-year classes ?".

I will let you know if the chocolate-trap worked after Xmas.

 

- The other side of the weariness is the usual routine. My responsibility is to get up around noon (except when I have class, so once a week), I put my music of the day, try to open my sticky eyes and get up in the cold winter while my duvet is deliberately trying to stop me by force, I try to put one foot before the other with more or less success, then I open "Le Petit Journal" on Opera, put the kettle on, go pee while the kettle heats, I choose my cup for breakfast the day (I have five different cups corresponding to five different moods: my cup of Doctor Who is for the days when I have to believe, my cup Toy Story is for days where I need to be a child, my cup sponge Bob is for the days when I have to be social, Pulp Fiction my cup for the days when I have to be a bad motherfucker and carburizing, my cup R2D2 c is for the days when I need to be smart and useful. For instance, in time of exams, I alternate between R2D2 and Pulp Fiction for the effectiveness of my revisions, and Dr Who to believe in miracles), choose my tea and then I sit in front of my computer and eat like a labrador in the land of the kibble. Many, badly. Sometimes with my nose.

In the days of revisions, I drag myself to the Uni library, around 4pm, I remain there until midnight, working an hour for three hours of pure chill. When I don't have exams, the purpose of my day is to do as much of constructive things that I can do, as drawing, playing guitar, dancing, watching the complete season 1 of How to get away with murder, and other stuff like that. At the moment, my new job is crafting Christmas cards, I decided to do them by hand (it's already a bad start), and to offer all those which I like a crazy love. Thirty-seven people, then.

 

- The loss of social ties. Before, I was a real socialite girl, I wanted everyone to know Tahrace da French, I was excited to meet a lot of people and I repeated this resume I had learned by heart, condensing all the information that the interlocutor is willing to learn from you : Tahra, half French, half maroccan, and other nationalities are guaranteed in the inside, Psychology, 4th year, I like to eat, my computer, and the Adventure Time fanfiction, I'll stay one year in Groningen, beer rather than wine, wine rather than nothing, I smoke, I'm 22, I want to do research. Point.

Now it tires me, I met so many people that I come to forget who they are. Already at the basis, I have a bad memory of people because I'm more than weird about human relationships, and have a limited interest in this sphere. So, normally, I can already totally forget you if you are not a minimum yourself. But then, when I meet ten new people in one evening, all German, all in law or in international business, half of them went to Sziget, the other half in Australia, three of them have the same first name, I really have trouble connecting my small neurons and create a new entry in my brain. I think it should end in this kind of interaction between me and my brain :

"Hey brain, you could create the mental representation of Jeroen,german guy, please?

- Yeah sure,no trouble dude ! Tell me its features!

- So visually, he's tall, brown-ish hair, clear eyes, he wears jeans and crochet sweaters, a little like a hipster and ...

- Yeah, but do not help me there, you already have twelve humans that fit this description, let me guess, he also has a bonnet and disgustingly old tennis which are saying something like "I have traveled the world, baby, look at the sole of my shoes" ?

- Yes, and then he studied international relations, too. He loves sports and he went to New Zealand last summer. Otherwise, you can also ... Brain? Brain?

- .....

- BRAIN ?? BRAIN ! DON'T YOU QUIT AGAIN ! COME BACK HERE ! MAKE ME THAT FUCKING NEW MENTAL REPRESENTATION OR NEXT TIME I'LL SEE HIM I'LL LOOK LIKE A COMPLETE DOUCHEBAG ! BRAIN ?

[...]GO FUCK YOUSELF YOU'RE SO FUCKING USELESS IF YOU CAN NOT REMEMBER MORE THAN ONE PERSON "

Note to all my German friends: I have nothing against you. It's just at first glance, you are not really distinguishable. Surely that French should make the same effect: we are always late, we like to design our mood of the day depending on the weather ("what a shitty day, it's raining" is in the top five of the most spoken sentences by the frenchies, imagine what you'll have to deal with when it's going to snow haha), we critique all alcohols which are not wine, then we criticize the wine and we say that we have a better one in our area in france; and all of  that, to finally drink a beer which costed 27 cents at Lidl, because you know, we're also stingy. We must all have the same half chic half hobo style, which is cleverly orchestrated, with jeans worth 100 € with loose blouses, in order  to say something like "Yes, my clothes are the finest dope you can find, but my class is natural, that's why I dress anyhow, to show you that I would always have style even dressed with Aldi shopping bags. "

 

- One last point:  you miss your country. You were playing the bad-ass at first (my family? I saw them for the first twenty years of my life, time to change now). You never tell yourself that you will regret France, the SNCF, the CAF, its URSSAFF, and other anxious acronyms which are representing the usual hell that we're dealing everyday : the french administration. But, in fact, you will miss it. In fact, you'll cry when you'll think of what a real pain au chocolat is. In truth, you will realize that it's cool to not pay for the doctor. Not to pay for school, too. Do you realize that even if you hate the "charming" south accent, you do want to see the sun one last time, before you drown in the torrential rains of dear Netherlands. You realize that criticizing is in your nature, and thanks to this wise eye, you have a basis that others do not. You want your other potos to call you Tahrace, not "Tawa" as the anglicism requested. The last time I talked to my mother on the phone, I blurted out a tear because I love her and miss her. And I would like her to be as happy as me here.

 

But the end of the honeymoon also raises these questions: Now that the heat of the novelty is gone, am I still happy to be here? Do I have still some motivation to continue with my life ? Do I see myself spending the winter here, even if today was the first time I saw hail?

And, in the end, yes. Yes, yes, yes, I do. I know that me and the Netherlands, is just the beginning of an adventure. And now it gets really serious between us, I am ready to compromise for living our life together. I am ready to make efforts and to engage in this relationship.

So Gronini, my dear and loving: I agree to have you in my heart until July 2015, at least. Then I do my best to win lots of money and settle permanently with you. I love you with sincere, deep and commited love : please accept me in your life as well.

 

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Groningen20140920_170128

Lauwersmeer

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Ameland, mer du Nord

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groningen & l'automne

11 novembre 2014

Drawing shits #2

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six of september - Amsterdam

Bluebird coffeeshop, musique de Chinese man en fond

"HEY LES GARS

C'EST FRANCAIS

C'EST PUTAIN DE FRANCAIS

TROP COOL"

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Six of September: Fake stranger's security

In the train

"No, but with my origin, I've got hair everywhere... They're super long, black, strong and everything...

My legs are okay, I shave them often, but not in the winter, it' my fur ! Subsequently, at that moment, it' a little like a tropical forest...

I shave my armpits all the time though, it stinks too badly when I don't ! But you know, once, I had a bush and *BIIIIIIIIIIIIIP*"

Thirty-seven minutes later :

" - Excuse me, can I go through ?

-You're... you're talking french ?

-...Yes, obviously.

-....Shit."

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Lars Silverwood et ses petits dessins, à savoir un cochon qui n'est apparemment pas juif (perso je dis que si), une montgolfière, un nuage qui vomit, de la musique dessinée en bas à droite et, pour finir, un zeppelin qui se crashe. 

 

Lars Silverwood and some jewish pig (which isn't jewish), music at the bottom, a balloon, a duck and a crashing zeppelin. We tried to dance that night, it was nice.

11 novembre 2014

Amsterdam

(english version at the bottom)

Oui, c'est Movember, et moi non plus je me rase pas. Salut les gars.

Non, je ne suis pas morte (même si on dirait vu l'encéphalogramme plat que présente mon cerveau ces derniers jours), j'ai juste été entraînée dans une spirale de cours et d'exams,  comprenant pêle-mêle exposé oral, devoirs à écrire, analyses de littératures et bien sûr lectures d'articles scientifiques. En anglais, sinon c'est pas marrant. Voilà, j'ai passé mes journées à la B.U (je m'y suis perdue trois fois au début du mois d'octobre, histoire de vous montrer à quel point j'étais assidue) à bosser frénétiquement jusqu'à minuit (ou c'est ce que j'essaye de me faire croire, du moins, j'essaye de duper mon cerveau en lui faisant croire que oui, apprendre les paroles par coeur de  Metallica C'EST ETUDIER NOM D'UNE PIPE). J'ai eu mon dernier partiel le cincos de novembros, et depuis je chille sans nom, histoire de retrouver mes non-activités habituelles - à savoir, regarder Daria (Merci encore Susie pour l'envoi de l'intégrale en DVD par la poste), écouter de la musique, manger, et dormir. Il me semble que je vous dois l'histoire de notre périple à Amsterdam, donc je m'exécute (mais je vais pas me tuer maintenant).

En tant que nouvelles néerlandaises, nous nous devions, Sarah & moi, d'aller visiter notre nouvelle capitale. Après une petite soirée passée au cinquième étage, les gens avec qui nous festoyons nous ont gentiment invité à les joindre, le lendemain, pour aller en direction d'Amsterdam. Ce que nous n'avons donc pas refusé.

Après une soirée enfumée dans un coffee-shop où nous avons appris à jouer au poker (jeu auquel je n'ai PAS perdu, j'ai même réussi à faire une full house, seul le coup du "knocknock" ne m'a pas encore livré tous ses secrets), et le (très drôle) retour à vélo, nous nous réveillons vers onze heures, et nous commençons tranquille émile à nous préparer. 

Le reste de la troupe est parti sans nous parce que nous étions trop lentes (j'étais surtout en train de m'occuper de trouver un endroit décent où vivre à ce moment, autre chose que des chambres de 7m² à 400€ qui, même pour moi, me paraîssent petites, et envoyer quatorze mails avec un internet marchant trois secondes sur dix est aussi difficile que le handball pour un manchot), et nous nous sommes dirigées vers un copy shop (non, pas un coffee shop cette fois ci). Pour le trouver fermé (bizarrement, ici les magasins ferment ultra tôt, et parfois aussi le samedi, c'est étrange car c'est un peu des horaires de village pour une grande ville, mon moi citadin se sent perdu). Pour aller dans un second endroit, où il n'y avait pas de copy shop. Pour ensuite retourner sur nos pas et en trouver un d'ouvert (près de la fac), juste un poil trop cher, mais tant pis. Nous nous sommes ensuite dirigées vers la gare, où nous avons craqué pour un Burger King (FRENCH FRIES PLEASE, WITH EXTRA FRENCH FRIES), que nous avons dégusté lentement dans le train. Train où nous avons papoté pendant une heure et demie sur la présence de mes poils, mes horribles poils noirs et drus de méditérannéenne, en racontant plein d'anecdotes ("oh et une fois un gars me draguait, mais en fait je lui ai montré mes jambes et j'étais pas épilée et il a pris peur HAHAHA" ou encore "non mais je m'épile pas si j'ai personne à voir, en plus c'est l'hiver et j'ai besoin de ma fourrure"). J'étais également en train de dessiner nonchalamment mes petits dessins.

Puis une vieille est montée dans le train, s'est assise en face de moi. Elle me parle en néerlandais, je ne comprends pas, elle retente le speakage en dutch, et je lui adresse toujours mes deux globes oculaires, denués d'expression, style "mais bordel qu'est ce qu'elle me veut celle là, non j'aime pas les caramels, retire tes rides de mon champ de vision STP", quand le gentil jeune homme assis à côté de moi (depuis le début du trajet, donc), me traduit comme ça, dans un français parfait "Elle dit que tes dessins sont jolis". Okay, mec, juste pour être clair, quand est ce que tu comptais me dire que tu parlais la langue de Molière ? T'aurais pas pu te prononcer un touuuut petit peu avant, avant que je dévoile l'histoire sans fin de mes POILS SUR MA PEAU ? SERIEUX QUOI ?

 

Après ce vil incident passé, nous nous dirigeons vers Dam (ou, en d'autres termes, LE point de rencontre de tout le monde à Amsterdam), où nous rejoignons le reste de la clique qui nous accompagnait. Nous étions au nombre de six, Sarah & moi, un allemand du nom de Tim, un brésilien du nom d'Affonso (et en second nom DICK, ce qui lui a valu de s'habiller en DICK IN THE BOX pour Halloween, respect mec), une italienne aussi petite que moi du nom de Camilla, et Roberta.  Tous ensemble, enfin réunis, nous allons forts et fiers vers le Bluebird, coffeeshop de renommée. Donc, sans grande surprise nous fumons (sauf Tim qui se sentait trop malade de la veille, mais qui a quand même pris un space cake), on rigole, je fais chier tout le monde parce que Chinese Man passe, nous ressortons, nous tentons de parler, et ce qui arrive arriva : nous sommes tous, plus ou moins, dans un état de défonce toujours plus ou moins avancé. Dans mon cas, cela se traduisait par des fous rires incessants avec Sarahvadakedavra, hihihi, houhouhou, et puis là... là... ouhouhou, voilà à peu près tout ce que j'ai dû raconter durant ce voyage.  Nous avons fumé, nous avons vu les canaux, on s'est assis à côté des canaux pour boire des bières (et j'ai tenté d'amener le jeu Gofiot outre France, mais laissez moi vous dire une chose, à l'étranger on aime pas trop trop quand c'est une meuf qui rote), on a erré la nuit, de bars en bars,  et, chose étrange, nous nous retrouvions TOUJOURS sur la même place de Dam. Peu importe les directions que nous avons prises. J'ai rejoint une pizzéria à trois heures du matin (meilleure pizza du monde), et un mac do à six heures du matin, puis on a pris le premier train du matin, dimanche, pour retourner dans notre douce contrée de Gronini.

Il s'est passé néanmoins quelques histoires intéressantes. 

En premier lieu, je retiendrais ce moment magique, où nous nous dirigions tous vers le centre-ville. Nous étions donc en train de marcher, et nous nous sommes tous arrêtés naturellement à un passage piéton, attendant notre tour pour traverser. Alors on papote, on attend, on parle, on attend encore, et là, dieu merci, Camilla réussit à se rendre compte du ridicule de la situation et vient nous voir gentiment. S'entame donc un dialogue tenant en trois répliques :

"- Mais les meufs, vous attendez quoi là en fait ?

-Bah on attend que le petit bonhomme soit vert pour traverser !

- Quel petit bonhomme vert ?"

Nous attendions un petit bonhomme vert imaginaire pour traverser. 

 

En deuxième lieu, j'avais envie de parler de cette rencontre surréaliste à deux heures et demie du matin, d'un type pas très frais, qui vient s'avancer vers nous et Sarah pour nous compter fleurette ou je ne sais quoi. Malheureusement, nos cerveaux ne fonctionnant plus très bien, la seule chose que nous réussissons à lui retourner, ce sont nos rires cristallins et innocents. Ce qui l'a vexé. Donc le type a commencé à parler plus fort. Nous on a rigolé plus fort encore. Et puis finalement Tim & Affonso ont été les gentlemen de la soirée, parce qu'ils sont venus nous aider dans notre inutilité euphorique. S'ensuit donc une conversation assez irréaliste, où le quidam inconnu a donné un billet de cinq euros à Affonso pour qu'il me dise qu'il avait un enfant (oui, je suis toujours en train d'essayer de résoudre cette énigme), billet qu'Affonso n'a pas voulu prendre parce que c'est un chouette type et que bon, arnaquer un gars qui sait même plus compter jusqu'à deux ça l'intéressait pas, billet qui est tombé à terre. Au bout de cinq minutes de conversation, l'inconnu s'enquiert soudain du sort de son billet, prêt à en venir aux mains, mais heureusement Affonso lui a montré son dû par terre, à ses pieds. Ensuite, ce même énergumène nous a conseillé de (je cite) ne pas faire l'amour dans le vide, mais de faire l'amour pour avoir des bébés, parce que c'était mieux. "Don't fuck for free, fuck for a child, do you have a child ? No ? I have a child ! So don't fuck for free !" en V.O, pour les puristes. Vous vous demandez sûrement quand arrive la partie marrante, parce que pour le moment, c'est juste une conversation avec un type aussi lourd que le gras d'Eric Cartman. 

Le fait est que ce type s'est ensuite éloigné de nous, en nous insultant de tous les noms possibles, parce qu'on voulait pas avoir de bébés. Et il s'est ensuite dirigé vers un parc à vélos. Pour s'asseoir sur un vélo situé à une extrêmité. Pour ensuite tomber de ce vélo, et faire tomber tous les autres vélos du coin, par effet domino. J'ai rarement autant ri de ma vie (après s'être assuré que le type était OK, bien évidemment)., et je n'avais jamais vu autant de vélos tomber en une seule fois. 

Bien entendu, le type ça l'a pas fait marrer du tout, et il a décidé de venir s'en prendre à nous parce qu'on rigolait, un vélo dans chaque main. Mais heureusement pour lui et pour nous, il n'est pas allé jusqu'au bout de ses intentions. Après le macdalle à six heures du mat, nous l'avons recroisé dans la rue. Il se souvenait plus de nous, mais il traînait toujours derrière lui deux vélos, un peu comme si c'était une maman et que c'était ses enfants. J'espère juste qu'il n'a pas eu à accoucher de vélos, ce serait dramatique. 

 Voilà les copains, c'était Amsterdam part one, sachez que je suis retournée à Amsterdam depuis avec potesse Lise, alors bientôt je vous raconterai la part two. Et j'ai la permission de respirer un peu plus pour l'instant, je suis dans l'attente de mes notes. Demain je posterai deux dessins, je voulais le faire ce soir mais malheureusement, mon strict budget d'étudiante ne me permet pas de m'acheter un scanner pour l'instant, alors je les prends en photo à chaque fois... et il fait trop sombre pour qu'on puisse y voir quoi que ce soit, c'est aussi flou et moche que ces filtres instragram floodant le facebook des douze à dix huit ans.

 

Yes, it's Movember, and no, I don't shave either. Hi guys.

No, I'm not dead (although it seems so if we take a look to my flat EEG these days), I've just been caught up in a spiral of courses and exams, including  oral presentations, homework writing, analysis of literature, and,of course, reading scientific articles. In English of course,  it's funnier that way. So, I've spent my days at the university library (I got lost three times in a row at the beginning of October, this is how diligent and commited I am to my studies) to work frantically until midnight (or I'm trying to convince myself, at least. I try to trick my brain to make him believe that yes, learning the  Metallica lyrics by heart IS F*CKING STUDYING, NAME OF A PIPE*). I had my last exam of the cincos novembros, and since then I'm chilling in a very exclusive way, in order to find my usual non-activities rate - that is, watching Daria (Susie Thanks again for sending the full DVD by mail ), listen to music, eat, and sleep. I think I owe you the story of our trip to Amsterdam, so let me tell you that sweet story. 

As new in the Netherlands, we had, Sarah and I, to visit our new capital. After a short night out on the fifth floor of our Housing Office, the people with whom we feast kindly invited us to join them the next day to go to Amsterdam. And, of course, we accepted.

After a smoky evening in a coffee shop where we learned how to play poker (and I did NOT lost, I even managed to make a full house, only the "Knocknock" is still a dark mystery and didn't yet reveal all its secrets), and the (very funny) return back home by cycling, we wake up at eleven, and we began to prepare ourselves.

The rest of the cast have left without us because we were too slow (I was mostly trying to take care to find a decent place to live at this time, anything else than  these 7m² rooms for € 400 which, even for me, seem small. I was sending emails with an Internet that was working three per fifteen seconds, so it was as difficult as the handball is for a penguin) and we headed to a copy shop (no, not a coffee shop this time) .

It was closed (oddly, here shops close very early, and sometimes even on Saturdays, it's strange to me because it is challenging my inner urban me : I'm used to go in the city center around nine, to buy me some chinese noodles and then go home). So, we went to a second location, where there was, in fact, no copy shop at all. Then we retrace our steps and find one copy shop which was open (near the university), just a bit too expensive, but so be it. We then headed to the train station, where we indulged in a Burger King (FRENCH FRIES PLEASE, WITH EXTRA FRENCH FRIES ), we enjoyed the train slowly. Train where we chatted for an hour and a half about the most exciting subject ever : my HAIRS. My horrible thick black hair of Mediterrean sea. I was telling anecdotes ("oh and once a guy was flirting with me, but in fact I showed him my legs and I was not shaved and he got scared HAHAHA "or" no, but I am not going to shave if no one is seeing this,  plus it's winter and I need my fur "). I was also trying to casually draw my little doodles.

Then an old woman got up on the train, sat in front of me. She spoke to me in Dutch, I do not understand, she tried again to speak in the same old dutch, and I  adressed to her my two eyeballs, devoid of expression, I was thinking something like "what the fuck do you want from me, not I do not like caramels, remove your wrinkles of my area of vision PLEASE ", when a nice young man that was sitting next to me (from the beginning of the journey, so), translated it to me like that, in a perfect french" She said that your drawings are pretty. "Okay, dude, just to be clear, when did you think about telling me that you SPEAK THE FUCKING LANGUAGE OF MOLIERE ? Couldn't you say so just a little bit before I reveal the never ending story of my HAIR ? SERIOUSLY WHAT THE FUCK ?

 

After this vile incident happened, we headed to Dam (or, in other words, THE meeting point for everyone in Amsterdam), where we join the rest of the clique who accompanied us. We were six in number, Sarah and I, a German named Tim, a Brazilian named Affonso (DICK as a second name, yes it made me giggle, and yes he choose the DICK IN THE BOX costume for Halloween, full respect guy), an Italian as small as me named Camilla, and Roberta. All together, reunited, we headed strong and proud to the Bluebird, a nice coffeeshop. So without any surprises, we smoke (except Tim who felt too sick from the day before, but he still took a space cake), we laughed, I was annoying everyone because Chinese Man was playing in the background, we came out of the coffeeshop, we try talking, and what happens happened: we were all more or less in a high state,which was more or less advanced. In my case, it meant incessant laughter with Sarahvadakedavra, hihihi, houhouhou, and then there ... there ... ouhouhou, that was my only words of this trip. We smoked, we saw the canals, we sat next to the channels to drink beer (and I tried to get the game Gofiot some recognition outside of the french Borders - Gofiot is a game in which whenever someone burps he has to tell the first word that comes into his mind and the remaining others have to say a word which is semantically related, the last one to come up with a word gets a slap. So if Iburp and say to you UNRELEVANT BROWN TURD, you must answer with something like JADEN SMITH, okay ?). And let me tell you one thing, Abroad people don't like  when a girl is burping. I just came across that point recently, when I confronted Tim with my repeated perfect burps at lubch/dinner time. So, we wandered all the night from bar to bar (oh show me, the waaaaay, to the neeeext whiskey baaaaar), and, strangely, everytime that we wanted to go somewhere else far away from the tourists and the "#BADGURLZGOTODAM" merchandising, we found ourselves on the SAME Dam Square.Regardless of the directions we have taken.  Every. Fucking. Time.This was magical or something, and it never felt so right to believe in Peter Pan or Doctor Who. I joined a pizzeria at three in the morning (best pizza in the world), and a mac do at six o'clock in the morning, then we took the first train, after a long hour of waiting during which we were all sat down on the floor like hobos, and I was playing the part of the shelfish one who doesn't want to share his fatty-patty breakfast. It was Sunday morning and we were returning to our homes (thanks to Sarah, who woke up twice just in time in the trains so we could got off it and get our connection), to our  soft country of Gronini, close to our beloved ones (in my case : my pillow, my game boy color and my crunch chocolate).

During this little aside-from-the-country week end, some strange facts ocurred. Some interesting stories, that I'll relate to you now.

Firstly, I want to tell you about this Amsterdam Joke/fairytale when we all headed to the city center, after the BlueBird episode. So we were walking, and we all stopped at a crosswalk, waiting for our turn to cross. So we gossiped, we waited, we talked, we were still waiting, then Camilla managed to realize the ridiculousness of the situation. She came to us gently, beginning a  dialogue within three single lines :

"- Hey girls, what are you waiting for exactly?

- Duh, we wait for the little light-green man to turn green, so we can cross the street !

- What little green man ? There is no green man sign on this street, you know that right ?"

Awkward.

 

Secondly, I wanted to talk about this surreal event which took place at two and a half in the morning. A guy, who wasn't very... fresh, just came towards me and Sarah and expected to flirt or whatever. Unfortunately, our brains weren't performant at the moment, so the only thing that we were able to respond with was our crystalline and innocent laughter. Offenses taken. So the guy started to speak louder. We were laughing even harder. And finally Tim & Affonso were the gentlemen of the evening, because they came to help us in our euphoric uselessness. Therefore followed a rather unrealistic conversation where the unknown chap gave a five euros bill to Affonso, if he agreed to tell me that he had a child (yes, I'm still trying to solve this puzzle) and of course, Affonso took down this dreamy but unfair deal, because he's a nice guy. He wasn't that much interested in scaming a guy who didn't even know that two + two equals four at that moment. After five minutes of conversation, the stranger suddenly asked about the unknown fate of his money, ready to show some muscle (he thought that a vodka muscle was counting as one), but fortunately Affonso showed him his bill on the ground, at his feet. Then, that same fanatic advised us (and I quote)  "Do not fuck for free, fuck for a child, do you have a child? No? I have a child! So do not fuck for free!". You may be wondering when comes the fun part, because at the moment it's just a conversation with an annoying buzzkiller, worse than a creationist at a Darwin fest.

The fact is  the following one : that man was then moving away from us, insulting us all of all the possible names, because we didn't want to have babies. And then he went to a bike park. To sit on a bicycle at one end. Then he fell from the bike, and dropped all other bikes in the area, enhancing a domino effect. I rarely laughed so much in my life (after making sure the guy was OK, of course), And I had never seen so many bikes fall once.

Of course, this guy wasn't laughing at all, and he decided to come to attack us because we laughed at him, with  a bike in each hand. But fortunately for him and for us, he didn't achieve his biky mission. in front of the Macdonald's, at six o'clock in the morning, we met him again. He was still carrying two bikes, one in each hand, as if he was a mom and they were her children. I just hope he did not have to give birth to these bikes, it would be dramatic. And painful for his stomach.

*Name of a pipe is a french expression, Nom d'une pipe, saying something "god damn it"

 

And tomorrow, ladies and gents, the drawings from this wonderful trip (I don't own a scanner so I have to take photos of them, and it's getting dark, to dark to see, and I'm knock knock knockin' on heaven's door). Now, a joke from Voldemort :

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22 septembre 2014

Juste un petit coucou pour vous montrer mon crou

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Juste un petit coucou pour vous montrer mon crou à vélo. 

Just a little hello to show you my biking crew.

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19 septembre 2014

Drawing shits #1

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End of August : Tahrace versus the dutch language. 

"Danke je wel, Goedenavond mevrouw, waar kom je vandaan?.... WHAAAT ?! HOW AM I SUPPOSED TO PRONOUNCE IT ?!"

 

 

 

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2 September : The Departure. Tahrace versus the suitcases.

I'm only 1m55, and my suitcase is 2/3 of my height.

"NO WORRIES. No, really, I don't see where the PROBLEM is."

 

 

 

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...And well, it triggers some stranges situations. Like getting stopped by a security officer from the vigipirate plan, for "suspicious luggage".

" - This suitcase weighs as heavy as you, don't try to fool me ! CUT THE BULLSHIT YOUNG GIRL !

- But I swear..."

 

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3 September : In the train. Cognitive linguistic selection. Nevermind the language, I KNOW when someone's talking about food.

"blablabla COOKIES blablabla MELK blabla SNICKERS..."

 

 

 

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6 Septembre : AMSTERDAM

19 septembre 2014

Rule n°32 : Enjoy the little things.

(english version at the bottom)

Après la préparation d'un anniversaire allemand (où le drapeau fait en cupcakes de trois couleurs est devenu le drapeau de la Belgique au lieu de celui de l'Allemagne, mais j'étais apparemment la seule à m'en être rendue compte, mes profs de géographie peuvent être fiers de moi) et la célébration d'une fête à thème super-héros (j'étais Hit Girl de Kick Ass, je me baladais accessoirement avec un fouet et le faisais claquer lorsque je voulais dégager de la place devant moi, autant vous dire que J'AVAIS GRAVE LA CLASSE), j'ai un un peu de temps pour continuer à raconter mes élacubrations inédites.

Cela fait maintenant deux semaines que je vis à Groningen, cachée telle l'immigrante dans la chambre de potesse Sarah, je commence à m'acclimater à ma nouvelle vie. Passé le premier gros choc (style il fait dix degrés la nuit dehors alors qu'on est toujours en été, ou être confronté à la rudesse de la langue Dutch), plein de petits changements, au quotidien, font que ma vie est légèrement plus intéressante maintenant (et parce que je suis Hit Girl, également). En psychologie sociale, pour parler d'influence, nous distinguons deux types de changement : le changement dû à une grande pression extérieure, qui est du conformisme, et qui a la particularité d'être un changement dit "de surface", sur une courte durée, à l'opposé d'un changement plus insidieux, qui se fait petit à petit, mais d'une manière plus durable dans la tête de l'individu, qu'on pourrait appeler de conversionnisme. Ce dernier changement est plus profond, et on ne remarque pas toujours qu'il est là. 

C'est un peu ma situation pour l'instant, il y a les changements flagrants, et les minus-changements, les petites choses qui ajoutent une tonalité différente à ta vie. C'est sur ces petites choses que je voudrais m'arrêter (non, ceci n'est pas la phrase d'un pédophile).

La première chose qui a changé en moi et à mon insu, ça a été ma faculté à parler l'anglais - et, pire encore, de penser en anglais. J'ai même rêvé en anglais une fois. Je me sens tourner anglophone (mais cela ne me dérange point), je fais partie désormais de ces gens qui sont à cheval entre deux langues dans leur tête : le français et l'anglais se mélangent, tout le temps, faisant des phrases à moitié juste dans les deux langues. Je fais partie de ces gens qui insufflent un mot en anglais dans leur conversation en français, parce que j'ai oublié le mot dans ma langue maternelle. C'est assez bizarre, car j'ai l'impression que mon cerveau ne tourne pas comme avant, comme si le fait de parler anglais la plupart du temps m'avait changé ma personnalité : n'ayant pas la même aisance dans les deux langues, j'ai l'impression que ma personnalité internationale n'est pas comme ma personnalité française. Je ne suis pas la même personne en anglais, parce que je pense différement, et je ne peux pas m'exprimer clairement sur tous les sujets. J'ai parfois l'impression d'être juste un avatar qui parle de choses basiques, qui sait faire la conversation, mais qui ne parle pas de choses profondes (sauf si on excepte cette conversation avec un tchèque du nom d'Ondrej - à prononcer comme André en français, à qui j'expliquais qu'on ne POUVAIT PAS SAVOIR si les sirènes existent pas ou non, étant donné le nombre de choses cheloues vivant au fond de nos océans non cartographiés). Cette sensation est perturbante : en France, je peux parler (ou au moins je pense que je peux parler) de physique quantique ou de la nomenclature des dinosaures, en anglais, j'arrive à dire que les fraises sont rouges et qu'il fait un beau temps aujourd'hui. En France, je me sens un peu telle Simone de Beauvoir, la tête plein d'idées, ici, je suis un télétubbies qui sait juste prononcer "TUBBYTOAST". 

Mais, je prends énormément de plaisir à parler en anglais. Je tente de donner à chacune de mes phrases cet accent de native american, avec l'intonation mi-sarcastique mi-amusée qui est censée rendre chacune de mes répliques drôle à souhait, comme dans Scrubs. Ca marche moyen et je passe un peu pour une freak, mais avec le temps ça s'améliorera. 

Un des problèmes qui se pose également, à ne pas parler mon cher et tendre français, c'est ma soudaine incapacité à faire des blagues marrantes. Parfois, une blague sort en anglais, je rigole, je regarde l'interlocuteur, et je me rends compte qu'il ne rigole pas, me laissant me fendre la poire toute seule (l'histoire de ma vie, un peu). Je conclus souvent par un "that's not funny, sorry", histoire de montrer que je suis pas totalement folle, je me rends compte de mes propres bides. Alors je ne sais pas, et je suis confuse. Est-ce que je ne suis pas drôle, et tout le monde en France est juste hyper sympa avec moi pour rigoler à mes blagues ? Ou peut-être qu'en anglais mes blagues n'en sont pas ? Est ce que les Pays-Bas sont enveloppés dans un genre de monde parallèle où l'humour n'existe pas ? 

Sinon, ça n'est pas pour autant que j'arrêterai de faire des (non)blagues. Je continuerai à parler en anglais en expliquant chaque moment de ma vie comme si j'étais dans un talk show avec David Letterman. Ca donne du piment au quotidien. 

Je suis aussi devenu plus attentive aux autres langues : mon allemand revient dans mes circuits neuronaux comme Lady Gaga essaye de faire un come-back en ces temps difficiles. Quand deux personnes parlent en allemand, j'en viens à les comprendre. J'arrive à déceler des mots allemands dans des conversations néerlandaises. Et parfois, du vocabulaire revient en force dans ma tête, comme cette fois où je retournais mes poissons panés et que le mot VERRÜCKT tournait en rond dans ma tête, sans réelle raison. Face à la Spanish Connexion de la cité U où j'ai posé mes valises, je comprends quelques mots (moi qui ne sait que dire Yo tengo oun infeccion vaginal). Et je décrète que l'Italien est la plus belle langue du monde. Un après-midi, j'ai suivi avec de grands yeux admiratifs deux Italiens qui se parlaient. Je comprenais rien, mais je voulais juste écouter cette jolie mélodie. J'ai également appris le mot Spazzadura (qui veut dire poubelle. Comment un aussi joli mot peut désigner une aussi vilaine chose, je ne sais toujours pas). Nous avons aussi deux grecques à notre étage, et je les écoute parler très curieusement, parce que je n'avais jamais entendu cette langue avant. Je suis devenue une artiste linguiste.

Le mauvais côté de l'international, c'est que je fais encore moins confiance aux gens qu'à Montpellier. J'ai l'impression que je peux moins cerner leurs intentions si ils ne parlent pas ma langue maternelle, et j'ai l'impression que je suis plus facilement embobinable parce que j'aurais pas cette sensitivité accrue qui me lie à la langue française. Je veux pas dire que je pense que tout le monde est, en réalité, Patrick Bateman avec un attirail de couteaux et d'haches dans leur placard, je ne suis pas encore psychopathe à ce point (et j'ai vérifié les placards de tout le monde, aucune arme à déclarer), mais c'est juste que je me méfie plus. Pour la même raison que je suis quelqu'un de différent, les autres le sont sûrement aussi.

Ensuite, un des changements qui s'est également opéré à mon insu, ça a été ma soudaine remise au sport. Je n'ai pas passé 24 heures à la suite sans prendre mon vélo depuis deux semaines (aujourd'hui étant la première fois que ça arrive). Chacun de mes déplacements se compte maintenant en Coup de Pédale ("si je pars d'ici à trente quatre et que je pédale à une vitesse moyenne de 74 coups de pédale/minute, j'y serais en deux minutes cinquante-sept"), j'ai récupéré mes mollets que j'avais laissé au lycée avec tous ces kilos en trop (mais cette fois-ci il s'agit pas de mollets trop pleins de Nutella, c'est des mollets plein de MUSCLES, je pensais jamais pouvoir dire ça un jour), et, chose folle, je suis même partie courir pendant UNE HEURE, comme ça, pif paf. Une fois, je suis rentrée de soirée en courant, parce que nous n'avions pas assez de vélos pour tout le monde (mais super potesse Sarah est venue à ma rescousse et m'a remorquée). Ici, c'est une chose NORMALE. Je ne comprends même pas comment c'est possible pour les Dutchs d'avoir de grosses jambes, vu toute l'asphalte qu'ils se bouffent à vélo chaque jour. Je suis devenue super active, je veux faire plein de choses, je fais des milliers d'aller-retours entre chez moi et le reste de Groningen, et ça me dérange absolument pas. Avant, je rechignais à sortir de chez moi pour aller chercher le courrier. Maintenant, je suis heureuse de devoir prendre mon vélo pour aller à l'autre bout de la ville, comme ça, pour le fun. 

 

Autre chose qui a sensiblement changé : mon attention en cours. Je suis extrêmement concentrée à chaque cours que j'ai, même ceux où je ne comprends rien. J'ai déjà fait des fiches pour mon tout premier cours. Je ne regarde plus mon téléphone, je ne dessine plus de bites sur mon cahier, je ne dors plus en scred sur la table. Je suis devenue bonne élève (si on oublie le fait que j'ai déjà séché deux cours, mais c'est subsidiaire). C'est la première année où j'ai vraiment hâte d'aller à la fac, pour écouter un prof déblatérer pendant deux heures sur son sujet de prédilection.  C'est assez marrant de ne pas y aller à contre-coeur, en traînant les pieds (en même temps, vu que maintenant je me déplace à vélo, j'ai plutôt intérêt à ne pas traîner des pieds, j'ai assez donné cet été avec une patte dans le plâtre). Je suis surmotivée des cours, et ça, c'est bien. 

Maintenant, à l'intérieur de moi (non, ce qui suit ne parlera pas de mes entrailles, je ne suis pas encore assez calée en médecine pour parler de la modification des cellules épithéliales de mon estomac), je me sens sereine ici. La ville a une drôle d'atmosphère, peut-être que c'est les canaux, peut-être que c'est le mauvais temps, peut être que c'est l'air néerlandais qui est en fait rempli d'helium et me fait sentir aussi légère, mais, en tout cas, je me sens bien. Je me sens soulagée d'une tension dont je n'avais même pas entre-aperçu l'existence (si, si, c'est possible), libérée de quelque chose. J'étais prisonnière dans ma prison d'ennui Montpellieraine, maintenant mon cerveau a tout plein à manger de nouveautés et de stimulations partout, et je me sens bien, à l'aise Blaise, coton Alain Delon. C'est un merveilleux changement.

 

Du côté des bonnes nouvelles, j'ai ENFIN TROUVE UN LOGEMENT, je dois débourser beaucoup d'argent demain pour réserver la chambre, et je suis contente, parce que j'aurais enfin un vrai petit chez-moi, pour un an. Une nouvelle maison. J'ai, par contre, un peu arrêté de dessiner (mais promis, je tente de vous poster mes petits dessins de ma vie groningoise dans la semaine). Bisous à vous tous, et que votre vie soit un arc-en-ciel. Je vous parlerai la prochaine fois de notre virée à Amsterdam et de vélos (encore, mais cette fois ci ça sera drôle).

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After the organization of a German birthday (where the cupcakes-flag-of-Germany became the cupcakes-flag-of-Belgium instead, but I was apparently the only one to realized it, my geography teachers can be proud of me) and the celebration of a themed superhero party (I was Hit Girl from Kick Ass, I was walking with a whip and incidentally slammed it when I needed space around myself, I HAD SOME SEVERE CLASS), I have a little time to write down my unpublished thoughts about things, cats, me, and the rest of the world (it's quite a program).

It has been two weeks since I live in Groningen, hidden as an immigrant in the chamber of buddyette Sarah, I begin to acclimate to my new life. After the first big obvious shock (like the one that I call "Oh shit it's minus ten degrees outside and it's still supposed to be summer", or be faced with the harsh Dutch language), lots of small changes in daily life are making my life slightly more interesting now (and because I'm Hit Girl, as well). In social psychology, to speak of Influence, we distinguish two types of changes : the change due to a high external pressure, which is conformity-like, and happens only in the surface, for a short duration. It's opposed to a more insidious change, that occurs gradually, but in a more sustainable way, in the mind of the individuals. It could be called "conversionnism", or something like that : the change is deeper, and we do not always notice it's there.

It's a bit my situation at the moment, there are the obvious changes, and minus-changes, the little things that add a different tone to your life. It's on these little things that I would like to pause for a couple of minutes (that's also what a pedophile could say)(not funny, sorry).

The first thing that has changed in me and without my knowledge, was my ability to speak English - and, even worse, to think in English. I even dreamed in English once. I feel the English turn-in (but it does not bother me at all), I am now one of those people who are straddling two languages in their heads: the French and English mix, all the time, making sentences in both languages​. I am one of those people who slip a word in English in their conversation in French, because I forgot how to french. It's weird, because I feel like my brain isn't acting normal, as if  speaking in English most of the time  had changed my personality. I don't have the same ease in both languages, I feel that my "international" personality isn't like my French personality. I'm not the same person in English, because I think differently, and I can not express myself clearly on all subjects. I sometimes feel like an avatar who is just talking about basic things, who knows how to handle a conversation, but who won't talk about deep things (unless we except this conversation with a Czech named Ondrej - to  be prononced as André in french, to whom I explained that we COULD NOT KNOW if mermaids exist or not, given the number of creepy things living deep in our uncharted oceans).

This sensation is disturbing: in France, I can talk about (or at least I think I can) quantum physics or the nomenclature of the dinosaurs, in English, I can say that strawberries are red, and hey, what a lovely weather today. In France, I feel a bit as Simone de Beauvoir, my head full of deep ideas, here I am a Teletubbies who just knows one word :  "TUBBYTOAST."

But I'm actually pleased to speak in English. I try to give each of my sentences that accent of native american, with this kind of half sarcastic half-amused intonation, which is supposed to fill my everyday life conversations with funny replicas, just like in Scrubs. It sadly doesn't work everytime, and the others assume that I'm a freak, but with time it will work. I know it.

But speaking in English has its bad sides, like my sudden inability to make funny jokes. Sometimes I make a joke in English, I laugh, I look at the person who is with me, and I realize he/she is not laughing, emotionless,  leaving me on my own, laughing my ass off  (and that, ladies and gentlemen, is the story of my life). I often conclude with a "that's not funny, sorry", just to point out that I'm not completely crazy, I'm aware of my own flops. Dear foreign people, next time I try to be funny, please smile. it's important to me.

So, yeah,  I don't know, and I'm confused. Am I not funny, and everyone else in France is just super nice to me, laughing at my jokes when they're terrible ? Or maybe my jokes in English aren't funny because of the language ? Are the Netherlands wrapped in a kind of parallel world where humor does not exist?

It doesn't mean that I'll stop doing (not) jokes. I will continue to speak in English, explaining every moment of my life as if I was in a talk show with David Letterman. It adds spice to everyday life. I like spicy things. I love Tabasco.

Speaking about languages, here's another funny thing. I also became more attentive to other languages : my German is surprinsingly back in my neural circuits, like lady gaga is surprinsingly still doing "music". When two people speak in German, I can understand them. I can detect German words in Dutch conversations. And, sometimes, the vocabulary is back in my head, like that time when I returned my fishsticks and the word "verrückt" was pacing in my head, for no real reason.

And with the Spanish Connection in the dorm where I dropped my luggage, I understand some words when they're speaking (yes, me, me who doesn't know how to say a word in Spanish except "Yo tengo oun infección vaginal").

Furthermore, I decree that Italian is the most beautiful language in the world. One afternoon, I followed with great admiration two Italians who were speaking. I understood nothing, but I just wanted to listen to this beautiful melody. I also learned the word Spazzadura (meaning trash. How such a pretty word can also mean a bad thing, I still do not know). We have two Greeks on our floor as well, and I like to listen to them talk, because I had never heard this language before. I became a linguist artist.

The downside of the International is that I trust people even less than in Montpellier, France. I feel that I can't read good their intentions if they don't speak my native language, and I feel that I am more naive, because I don't have this increased sensitivity that binds me to the french language. I'm careful with strangers, especially those who can speak a language that I don't understand. I'm not saying that I think everyone is, in reality, Patrick Bateman with a set of knives and axes in their closet, I'm not such a psycho person (and I also checked all the closets from everyone else living on our floor, no weapons to declare), but it's just that I don't trust a lot the others. For the same reason that I am a different person in english, others are surely too.

Then, a change that also operated without my knowledge : my sudden sporty life. I have not spent 24 hours in a row without taking my bike in two weeks (today is the first time it happens). Each of my trips are now counted in Kick-Pedal ("If I leave here at four thirty and I cycle at an average speed of 74 pedal strokes / minute, I'll be there in two minutes and fifty-seven seconds"). I recovered my calves that I left high school with all those extra pounds (but this time, my calves aren't full of Nutella, they're full of  MUSCLES, I never thought I would say that one day), and crazy thing, I even ran for ONE HOUR straight, like that, pif paf. It just happened. Once I came home from a party by running, because we didn't have enough bikes for everyone (but super buddyette Sarah came to my rescue and towed me). Here, doing sports and exercising is a NORMAL thing. I do not even understand how it's possible for Dutchs to have big fat legs, consider all the asphalt they ride every day. I became super active, I want to do lots of things, I make thousands of back and forth between home and the rest of Groningen, and it doesn't bother me. Before, I was reluctant to leave my house to get the mail. Now I am happy to have to take my bike to the other side of town, like this, for fun.

 

Another thing that has changed significantly : my attention paying attitude in class. I am extremely focused on every course that went, even when I didn't understand a single shit. I've made summaries for my first course. I do not look at my phone, I no longer draw dicks on my notebook, I do not sleep anymore on the table. I became a good student (if we forget the fact that I already skipped two courses, but it is secondary). I can't wait to go to college, to hear a teacher ranting for two hours on his favorite subject, and that's completely new for me. I'm not moaning about getting in class, I don't drag my feet on the floor while going there (and that's pretty good because now I'm driving a bike, and let's say that I rather better not drag my feet on the floor if I want to keep them, I've spent too much time this summer with a leg in plaster). That's a good change.

Now, let's talk about the changes which occur inside me (and no, the following sentences won't speak about my organs, muscles or bones, I'm not good enough in medicine to discuss the modification of the epithelial cells in my stomach), I feel serene here. The city has a strange atmosphere, maybe it's the channels, maybe it's the weather, maybe it is the Dutch air that is actually filled with helium and is making me feel light and giggle, but I definitely feel good here. I feel relieved from a tension which I didn't know the existence (yes, yes, it's possible), free from something. I was trapped in my prison of boredom in Montpellier, now my brain has got lots of new thought-food and stimulations, everywhere. I feel good and satisfied. This is a wonderful change.

 

Then, some good news, I FINALLY FOUND A HOME, yaaaaaaaaaaaay. I have to pay big big biiig money tomorrow to book it, and I'm strangely happy about it. That's because I finally have a real little home of my own for the coming year. A new home.

I didn't draw a lot this week (but I promise, I will attempt to post my little drawings of my groningly-life in the week). Kisses to you all, and may your life be a rainbow sky. Next time, I'll tell you the amazing story of our trip to Amsterdam, and spoilers : I'm going to talk about bikes (again, yes, but this time it will be funny).

 

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12 septembre 2014

First Baby Steps / Then keep on stepping

(english version at the bottom)

Actuellement envoyée en Erasmus au pays du moulin en folie, dans la douce ville de Groningen, j'ai décidé (oui, parfois je prends des décisions, cela m'étonne moi-même) de tenir un blog (non exhaustif) de ce que j'aurais envie de partager. Voilà, voilà, pour la partie introductive.

 

Pour l'instant, tout a été chaotique - le pré-départ, le départ, l'arrivée, les premiers jours, mais maintenant que je commence à trouver mon rythme de vie NEERLANDAIS (j'adore dire ça bon dieu), je sens que je peux dégager un peu plus de temps pour m'occuper de choses que j'avais laissé à l'abandon, style le dessin, la guitare, m'épiler les cuisses ou me couper les poils du nez. Donc, j'ai forcément un peu de temps pour raconter ma vie ici, comme je le faisais déjà sur mon ancien blog. Excepté que celui-ci racontera exclusivement mes aventures NEERLANDAISES, et non mes états d'âme d'écrivaine-philosophe ratée qui a trop souvent des vagues au coeur.

Tout est tellement nouveau que je ne sais par où commencer, je suis un peu une noob de la vie, en ce moment.

 Tout est bien ici, pour l'instant, je m'acclimate assez bien à la ville. J'ai acheté mon vélo dès le premier jour, histoire de me fondre dans le décor plutôt vite, et je n'ai encore causé aucun accident, donc je suis plutôt satisfaite. Je ne suis pas un danger public.

Mais commençons par le début : mon organisation (ou plutôt devrais-je dire ma non-organisation) débutée à Montpellier. J'ai, par miracle, réussi à transporter la quasi-totalité de mes affaires dans DEUX VALISES SEULEMENT, en emportant que des choses utiles, comme mon encyclopédie Zelda, ma collection de dinosaures, trois mille bouquins, autant de robes, et trois paires de chaussures (oui, trois paires seulement. Enfin, plus précisément, trois paires et une chaussure toute seule, pour l'instant, je n'ai pas retrouvé la partenaire de ma basket de sport Kappa Rose). Mes valises ont été bouclées la veille du départ seulement, pour raison de perte de carte bleue intempestive (qui, en fait, était juste rangée dans ma trousse. J'avais tellement peur de la perdre que je l'ai trop rangée, et j'ai cru que je l'avais perdu par la suite. Le cerveau est tout de même fascinant). 

La veille du départ, j'ai mangé avec mes supers colocs & super soeurette à El Chivito, puis nous sommes partis cahin-caha au Scarabée (mon Q.G à Montpellier), nous avons bu quelques shooters (merci à Sanky pour son shooter à la tequila-curaçao-chartreuse-vodka-sirop de pêche), nous sommes rentrés à pied, j'ai soudainement eu la révélation que je ne savais toujours pas où dormir à Paris le lendemain et colocataire Thibaut m'a sauvé la mise en appelant un de ses amis éthanolisé à une heure trente du matin (merci encore !). 

Puis, nous avons mis Doctor Who en buvant des shooters de tequila à chaque bruit de T.A.R.D.I.S, et l'aube est arrivée, annonçant mon départ imminent pour la gare, moi, mes colocs, ma soeur, et deux énormes valises aussi lourdes que l'humour de Bigard. A la gare, ma môman adorée et ma petite soeur adorée sont venues me faire un dernier coucou, et les contrôleurs prenaient en photo mon superbe costume taille Tahra de dinosaure (ce qui m'a sauvée, parce que j'avais pas ma carte 12-25 sur moi, et les contrôleurs m'ont laissé filer gentiment sans rien parce qu'ils m'avaient pris en photo, mouhahahahahaha). Dans le train, j'ai dormi.

Arrivée à Paris, où je me rend compte de la lourdeur des bagages : je ne peux transporter mes deux valises en même temps, je déprime légèrement, me disant que je suis juste arrivée à gare de Lyon, qu'il faut que j'aille jusqu'à Levallois, puis faire Levallois-Gare du Nord le lendemain. Fort heureusement, la gare de Lyon (que j'appelerais désormais meilleure gare du monde) possède des GROOMS qui peuvent te POUSSER TES BAGAGES GRATUITEMENT. Joie, gaieté, liesse dans tout mon organisme à ce moment précis : je me dirige, moi, la groomette et mon costume de dinosaure en direction des taxis, grâce à môman adorée qui m'avait glissé un billet de 50€ pour cet usage (merci encore !).

Dans le taxi, j'observe tout par la fenêtre, comme si je n'avais jamais vu Paris. Sûrement parce que j'étais fatiguée, sûrement parce que j'avais encore légèrement les effets de la tequila de la nuit, mais ce fut une balade sympathique, par les quais, vers St Michel, Musée d'Orsay, toussa, toussa. Arrivée à Levallois, où je dépose mes affaires, parle avec mon hôte du nom de Roman, où je m'en vais manger un bagel, et ensuite m'écrase de tout mon long sur le lit, sans bouger d'un iota, pendant cinq bonnes heures. J'étais plus immobile qu'un paraplégique. Je crois même que j'ai ronflé. Le soir, nous sommes partis boire des bières sur les quais de Seine, pour rentrer avec les derniers métros, écouter un peu de musique (ma force de persuasion a réussi à mettre The Doors entre deux set de DJ's), dormir, encore, pour trois heures, et repartir à Gare du Nord. 

Là, c'est devenu légèrement marrant : lorsque mon train Thalys est arrivé, je me suis rendue compte qu'il faisait au moins trente mètres de long (le premier qui dit "comme ma bite" est banni à vie de ce blog), et que, mes bras n'ayant pas miraculeusement gonflé pendant la nuit, je n'étais toujours pas capable de les déplacer plus de sept mètres sans souffrir ma race et dégouliner de sueur.

Alors, j'entame un sprint avec une valise : je suis voiture quinze, ou, en langage de gare, la voiture la plus loin possible sur le quai. Après cinq bonnes minutes de tractage, je rentre une partie de mes affaires dans le train, et je repars tel Usaïn Bolt chercher ma seconde valise (la plus grosse). Pour me retrouver nez-à-nez avec un gars de la SNCF, qui observait de près ma valise. Je lui explique que c'est la mienne, et reste là, durant trois secondes, les yeux écarquillés, aussi ouverts que le décolleté de Kim Kardashian. Reprenant soudainement l'usage de la parole, il me dit qu'il ne croit pas que cette valise soit la mienne, vu ma petitesse, et vu la grandeur de la chose. Je réalisai subitement que j'aurais pu très facilement me foutre en boule dans la valise et m'envoyer par la poste.

Je n'avais pas vraiment le temps pour ses divagations, la voiture quinze appelait au loin, alors j'attrapai la seconde valise (que nous pouvons renommer Le Mastodonte), et continua à marcher vite sur le quai. Je monte ma seconde valise, je m'assied dans le train, hahaha, la contrôleuse néerlandaise rigole pour mon costume de dinosaure, et, enfin, je me regarde partir vers le plat pays. Trois heures après, je posais mon pied à Amsterdam, sur le sol Dutch, et rien ne pouvait m'emplir de plus de joie. S'ensuivirent la ronde habituelle des aller-retours avec mes valises, et me revoilà dans un train pour Amersfoort, puis, ensuite, pour Groningen (enfin). Je sortis à 13h17 du train, et foulai des orteils ce qui était désormais ma ville de résidence. J'étais heureuse.

J'ai pris le taxi (maman, merci encore), et j'ai filé telle la guêpe chez Sarah, potesse de fac, qui habite dans une cité universitaire étudiante remplie d'étrangers (un peu le cauchemar de Marine Le Pen). Depuis, j'ai beaucoup ri, mangé des tortillas et parlé IN ENGLISH PLEASE, mais ça, ce seront les autres histoires.

 

_____

I'm currently sent via the Erasmus program to the country of the mills-in-madness, in the sweet town of Groningen.

I decided (yes, sometimes I make decisions, I am surprised myself) to keep a blog (not exhaustive) of what I would like to share. And yes, that was the best introduction ever.

 

Until now, everything was chaotic - the pre-departure, the departure, the arrival, the first days, but now I'm starting to find my NETHERLANDS WAY OF LIFE (oh god, I love saying that), I feel I can free a little more time to take care of things I had abandoned, like drawing, guitaring, hair removing from my thighs or nose hair cutting. So, I inevitably have some time to tell my life here, as I have always done on my other blog. Except that this one will only tell my adventures in the NETHERLANDS, and not my state of mind of a failed writer-philosopher who has too often tremendous waves in the heart.

Everything is so new that I do not know where to start, I'm kind of a noob in life, right now.

Everything is also perfect here, for now, and I pretty much acclimated myself to the city. I bought my bike from day one, just to blend into the background very quickly, and I have not caused any accident, so I'm pretty satisfied. I'm not a public danger.

But first things first:let's talk about my organization (or should I say my absence of organization) in Montpellier. I miraculously managed to carry almost all of my stuff in TWO CASES ONLY, carrying only useful things, like my Zelda encyclopedia, my collection of dinosaurs, three thousand books, so many dresses and three pairs shoes (yes, only three pairs. More specifically, three pairs and one alone shoe, for now, I have not found the partner of my pink Kappa). My bags were curled the day before departure only, for losing creditcard reasons (which, in fact, was just stored in my pencilcase. I was so afraid of losing it, I've over took care of it, and then thought I had lost it. Brain is fascinating).

The day before, I ate with my awesome roommates & super sis at El Chivito, then left limping in Scarabée Bar (my headquarters in Montpellier), had a few shooters (thanks to Sanky and his shooter curacao-tequila-chartreuse-vodka-peach syrup), we walked back, I suddenly had a revelation that I still didn't know where to stay in Paris the next day, and roommate Thibaut has saved me by calling a friend of him, ethanolized, at half past one in the morning (thank you again).

Then, we put on Doctor Who and started a drinking game (we drank tequila shooters at every sound of the TARDIS). Dawn came, announcing my imminent departure for the station, me, my roommates, my sister, and two huge suitcases as heavy as the humor of Bigard (he's an annoying person in France, I don't know an english equivalent). At the station, my beloved mommy and my beloved little sister surprised me for a last goodbye, and controllers were taking photos of my beautiful Tahra-sized dinosaur (and it kind of saved me, because I didn't have my card on me, and controllers let me go with no fine, just because they took some pictures, mouhahahahahaha). On the train, I slept.

Arrival in Paris, where I realized the heavyness of my luggage: I can't carry my two suitcases at the same time, I got slightly depressed, telling to myself that I'm just at Gare de Lyon, I must go to the other side of Paris (Levallois), then make Levallois-North station the next day. Fortunately, the Gare de Lyon (which I now would call best station in the world) has GROOMS who CARRY YOUR BAGGAGE FOR FREE. Joy, joy, joy all over my body at that moment: I, the groomette and my dinosaur costume go towards taxis (thanks mommy for slipping fifty bucks for this purpose, you're the best mom ever).

In the taxi, I casually looked through the window, as if I had never seen Paris (I was born, raised and molded by it. I was feeling that way probably because I was tired, maybe because I was still feeling the effects of tequila, but still, it was a nice stroll by the docks near St Michel, Musée d'Orsay, that, this, and that.

Arrival in Levallois, where I put my affairs, spoke with my hoster named Roman, went outside to eat a bagel, and then, the best part of the day : crushing myself, with all my length on the bed, not moving an inch, for five whole hours. I was as motionless as a paraplegic. I even think I snored. In the evening, we went drinking beer on the Seine, then returned home with the last subway, listened to some music (my powers of persuasion managed to put The Doors between two sets of hardcore DJ's) I slept for three hours and, then, left at North Station/

There, it became slightly funny: when my Thalys train arrived, I realized that it was at least thirty feet long (the first who says "like my dick" is banned for life from this blog) and, yeah, my arm did not miraculously inflated during the night, I still wasn't able to move more than seven meters without suffering as a mother in labor, and dropping sweat on each centimeter of my body.

So I began a sprint with a suitcase to the fifteenth wagon, or in language station, the wagon as far as possible from the platform. After five minutes of towing, I enter some of my stuff on the train, and I went back as quickly as Usain Bolt to get my second bag (the largest). Then I was face to face with a guy from the train, who was closely looking my suitcase. I explain that it's mine, and he just remained there for three seconds, eyes wide, as open as the pussy of  Miley Cyrus. He suddenly recovered his power of speech, then he said he doesn't believe that this case is mine, given my littleness, and given the size of the thing. I suddenly realized that I should have put myself into the suitcase and send me by postmail, it would have been easier.

I didn't really have time for his ramblings, the fifteen wagon called from soooo far away, so I grabbed the second bag (we can rename the Mastodon), and continued to walk quickly on the platform. I put my second bag, I sat on the train, hahaha, the Dutch controller was laughing for my dinosaur costume, and, FINALLY, I could look at myself going in the flatlands. Three hours later, I put my foot in Amsterdam on Dutch soil, and nothing could fill me with more joy. Then followed the usual round of back and forth with my bags, and  I got on a train to Amersfoort and then to Groningen (finally).

I left the train at 1:17 p.m, and toes to what was now my city of residence. I was happy.

I took a taxi (Mom, thank you again), and I spun like a wasp to Sarah's place (a buddyette from my French university). She's living in a student house full of strangers (just the nightmare of Marine Le Pen - she's a french political woman, afraid by everything which isn't french). Since then, I laughed a lot, ate tortillas and spoken IN ENGLISH PLEASE, but that will be the other stories to follow (here, of course).

 

 

badass

OUAIS JE DANSE COMME CA MAINTENANT POUR EXPRIMER MA JOIE

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